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25/01/2012

Somptueuse trilogie italienne au Français !

Villégiature 1.png

Délice absolu que cette nouvelle mise en scène d'Alain Françon nous présentant, plus de trente ans après Giorgio Strehler dans la même maison, la célèbre trilogie de Carlo Goldoni (Les Manies, Les Aventures, et Le Retour de la Villégiature) au cours d'une seule représentation. 

Retraduites par Myriam Tanant, ancienne assistante de Strehler, ayant subi quelques coupes afin de donner au spectacle une durée supportable (comptez tout de même quatre heures trente, entractes inclus), ces trois comédies grinçantes, tournant au drame, dépeignant les fastes estivaux d'une bourgeoisie en déclin, dépensant sans compter, plus soucieuse du paraître et du qu'en-dira-t-on que de sa survie financière et du véritable sens de la vie, se révèlent grâce au metteur en scène et aux interprètes français un pur moment de bonheur théâtral, visuellement proche de la perfection, scénographe, costumier et créateur lumière ayant également fait des merveilles.

Le travail de Françon est en effet saisissant de subtilité, de précision et de beauté. Une toile de maître. Chaque scène, Chaque situation, chaque personnage, chaque réplique, chaque geste, est aussi complexe et travaillé que simple et limpide, donnant à entendre Goldoni magistralement, comme il le fit dernièrement avec Tchekhov. Dans la légèreté et dans la profondeur. On peine d'ailleurs à percevoir comment l'on peut monter séparément les trois oeuvres de l'auteur tant elles ne prennent tout leur sens que réunies.

critique trilogie de la villégiature comédie française

En tête de distribution, deux magnifiques actrices. Anne Kessler, valeur sûre du Français qui triompha l'an passé dans "Un Tramway...", et  Georgia Scalliet, arrivée il y a peu, talent à surveiller de près, à mi-chemin entre une Audrey Tautou et une Marion Cotillard. Elles incarnent Vittoria et Giacinta, jeunes filles à marier de deux familles partant en villégiature, capricieuses et insupportables, quintessence d'une insouciance qui finira par avoir raison de leur bonheur.  Elles sont irrésistible de drôlerie.

Mais c'est bien toute la troupe qui illumine le spectacle. On aimerait évoquer chacun. Laurent Stocker en réjouissant amoureux "par défaut", un peu teigneux, jaloux à souhait,  tentant d'éliminer son rival, le toujours aussi fin Guillaume Gallienne. Hervé Pierre en touchant père en mal d'autorité. Danièle Lebrun, fabuleuse en vieille folle amoureuse de Michel Vuillermoz, pique assiette doublé d'un mufle auquel il donne  toute sa dimension. Mais encore  Bruno Raffaelli en sobre, sage et élégant marieur pragmatique, Elsa Lepoivre et Eric Ruf en serviteurs fidèles inculquant du bon sens à leurs maîtres... Ils sont tous formidables, drôles, émouvants, sincères, parfaitement distribués et font honneur à leur maison.

On ne pouvait rêver plus belle inauguration pour le Théâtre Ephémère !

Courez-y !


Jusqu'au 12 mars au Théâtre Ephémère. 19 heures.

Photos : Christophe Raynaud de Lage

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