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04/04/2012

Mises en musique, "Les Belles Soeurs" de Michel Tremblay datent un peu...

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Dramaturge québécois, Michel Tremblay est l'auteur, entre autres, d'une trentaine de pièces de théâtre et de presque autant de romans. Première oeuvre écrite en joual (français parlé au québec) à la fin des années soixante, "Les Belles Soeurs" révolutionna le théâtre chez nos cousins nord-américains. Devenue il y a trois ans une comédie musicale, présentée jusqu'au 7 avril au Rond-Point, la pièce reste malheureusement ancrée dans une époque et  souffre du temps qui passe...

Prétexte à quinze portraits de femmes, l'histoire est celle de Germaine qui gagne, par l'intermédiaire d'un organisme de vente par correspondance, un million de timbres cadeaux qu'elle doit coller dans des catalogues afin de recevoir ses lots. Pour venir à bout de cette lourde tâche, elle convie soeurs, belles soeurs, amies, cousines, voisines... Au départ festive, la réunion propice aux confidences et révélations tourne rapidement aux réglements de comptes et à l'empoignade. Femme au foyer, fille mère, femme ambitieuse ou envieuse... Chaque archétype féminin aura sa chanson-monologue pour crier sa vérité, tour à tour drôle grave ou touchante, mettant à jour rêves, espoirs, haines, rancoeurs, drames intimes ou encore secrets de famille, au coeur d'une société de consommation en plein essor.

Probablement d'une force certaine  il y a quarante ans, le discours de ces femmes, à travers l'écriture de Michel Tremblay et l'adaptation de Réné Richard Cyr (livret et paroles), nous semble aujourd'hui petit. Un pitch désuet, un humour trop gentillet, un verbe qui manque de force, pas assez "punchy", n'osant une certaine violence, des situations quelquefois obsolètes font que le propos et les personnages peinent à trouver un écho dans le monde d'aujourd'hui. De ce fait, l'ensemble paraît terriblement longuet.

Par ailleurs, même si nous ne remettrons pas en cause sa qualité, la musique de Daniel Bélanger n'arrange pas les choses. Lente et pesante, elle appuie sur l'aspect "complainte" des chansons et les rend presque indigestes.

Enfin, disons-le, la langue ne nous aide pas non plus. Force est de constater que le québécois est d'un accès moins facile qu'on ne pourrait le croire. A l'écrit comme à l'oral. Bien que proche de notre français, il reste relativement complexe à appréhender, à l'image de nos langues régionales, et il n'en faudrait pas beaucoup pour qu'un spectacle donné dans la langue de Shakespeare soit plus abordable pour le parisien de base que je suis...

Reste le témoignage d'une époque, une jolie mise en scène de René Richard Cyr, et une troupe de chanteuses-comédiennes remarquables qui habitent pleinement et talentueusement leurs personnages.

Bon...

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