Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/05/2012

Marion Malenfant et Loïc Corbery, romantiques modernes et superbes...

critique on ne badine pas avec l'amour comédie française, marion malenfant, loïc corbery

Reprise, au Théâtre Ephémère, de la mise en scène d'Yves Beaunesne donnée au Vieux Colombier l'an passé. Pour l'occasion Marie-Julie Parmentier cède le rôle de Camille à une nouvelle recrue de la maison de Molière, Marion Malenfant. Aux côtés de Loïc Corbery, un Perdican ardant et séduisant, dévorant la vie à pleines dents, la comédienne illumine et emplit de sa fragilité et de sa gravité la pièce de Musset. La candeur de Françoise Gillard, incarnant Rosette, vient merveilleusement compléter un trio amoureux  qui nous emporte, nous transporte et nous émeut.

"On ne Badine pas avec l'Amour" fut écrit en 1834. L'action se voit ici transposée au siècle suivant, dans les années 60, offrant ainsi un cadre étonnamment  et intelligemment moderne au propos. La quête d'amour absolu et éternel d'une part, la passion relativement insouciante mais non moins entière de l'autre. Deux façons, finalement aussi contemporaines qu'intemporelles, de concevoir le couple qui s'affrontent au cours de cet inoubliable chef d'oeuvre romantique. 

Le travail d'Yves Beaunesne se révèle d'une jolie fluidité. Extrêmement séquencée, la pièce roule sans heurt une heure quarante cinq durant, de la légèreté au drame. Les scènes s'enchaînent en laissant parfois les personnages vivre et hanter de manière fantômatique les  dialogues  dont ils ne sont pas. Intéressant. Afin de "chaperonner" la talentueuse jeunesse du Français, le metteur en scène a fait appel aux non moins brillants "anciens". Danièle Lebrun, Roland Bertin, Pierre Vial et Christian Blanc se saisissent, sans surprise, admirablement de leur partition, quelquefois truculente. 

Nous émettrons une seule réserve. Elle concerne la scénographie qui, dans son évocation d'une grande et sombre maison, sied plutôt bien aux scènes d'intérieur mais peine à s'effacer et  s'abstraire lorsque Camille et Perdican s'en vont à la "petite fontaine". Un peu dommage.

A voir.

Photos : Christophe Raynaud de Lage

Les commentaires sont fermés.