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20/09/2012

Un "Tartuffe" inégal au Théâtre de Paris...

critique tartuffe théâtre de paris patrick chesnais claude brasseur

Créé en tournée la saison passée, le "Tartuffe" mis en scène par Marion Bierry fait escale dans notre capitale, en principe jusqu'aux fêtes, avant de repartir. Le travail est honnête, élégant, précis, mais la distribution pas toujours convaincante, à  commencer par l'une des deux têtes d'affiche, ce qui rend la représentation décevante et un brin longuette (2h15 sans entracte). 

Bâtie d'alexandrins, l'incontournable comédie en cinq actes de Molière narre, rappelons-le, l'histoire de ce faux dévot sans le sou, et véritable escroc, qui trouve l'hospitalité dans la maison d'Orgon, père de famille admiratif d'une piété donnée en exemple à ses proches (qui n'y croient pas), et profite de l'emprise qu'il a sur son hôte pour convoiter sa femme et le dépouiller de ses biens.

Depuis longtemps, Claude Brasseur rêvait de jouer Orgon. Il avait raison, car le rôle qu'il maîtrise avec virtuosité lui va comme un gant. Il a sculpté son personnage jusque dans les moindres détails. Tour à tour admiratif, aveuglé, presque amoureux de celui qu'il recueille, combattant avec acharnement et sincérité le scepticisme des siens jusque dans les excès les plus impardonnables, puis dépité et détruit par la vérité éclatante, l'acteur est formidable.

Face à lui, malheureusement, Patrick Chesnais, dont on apprécie par ailleurs le talent, n'a pas trouvé son Tartuffe, le subit davantage qu'il ne le porte. On peine à saisir l'imposteur qu'il souhaite nous montrer. Trop linéaire, il manque, au choix,  de perversité, de roublardise, de méchanceté, d'impétuosité, de passion, de violence, de goujaterie... Bref de relief et de nuances. L'escroc sans envergure ni ambition, simple profiteur, que l'on croit percevoir en fin de représentation  n'existe que par instants. C'est trop peu. Même dans la célèbre scène de la table, sous laquelle Orgon se cache alors qu'il tente de conquérir Elmire (subtile Beata Nilska), les sentiments paraissent confus (amour véritable ? Simple attirance physique ?).  

Evoquons la jeunesse enfin, fort bien encadrée par Chantal Neuwirth, donnant à voir une soubrette (Dorine) battante, et Julien Rochefort (Cléante, frère d'Orgon), posé et réfléchi, qui se dépêtre remarquablement de ses quelques tunnels de texte. Hormis Arnaud Denis, qui campe avec conviction un Damis (fils d'Orgon) volcanique, elle nous laissa dubitatifs. Emilie Chesnais et Guillaume Bienvenu (Marianne et Valère) sont deux amants charmants, Roman Jean-Elie un exempt au potentiel certain,  mais la technique fait cruellement défaut à ces trois là. Trop d'approximations du côté du placement de la voix, de la diction, des mouvements et déplacements, de la justesse aussi parfois... Tout cela manque d'assurance. 

Inégal, vous disait-on en titre...


Au Théâtre de Paris. Avec aussi Jacqueline Danno, Marcel Philippot et Alice de la Baume.

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Commentaires

C'est en effet bien poussif et pas au niveau de ce qu'on peut imaginer au vu des têtes d'affiches.
Vous avez amis de parler de l'absence quasi-totale de décor, ou alors des pauvres rideaux noirs si ridicules permettant des déplacements des pauvres objets blancs faisant le seul décor.
C'est si vide qu'on ferme les yeux et on s'endort, surtout quand le texte est si souvent mal dit...
Vraiment à éviter.

Écrit par : julien | 20/09/2012

Les commentaires sont fermés.