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27/09/2012

Quand Francine Bergé et Marcel Maréchal incarnent deux géants du théâtre anglo-saxon...

critique cher menteur théâtre la bruyère

Basée sur la correspondance échangée durant plus de 40 ans entre la comédienne Béatrice Stella Campbell et le dramaturge Bernard Shaw, l'oeuvre de Jérôme Kilty, auteur américain décédé au début du mois, est un fort joli texte de théâtre, habilement dialogué, drôle, plein d'esprit, évoquant le parcours et les rapports de deux grands artistes, mais aussi une époque, la première moitié du vingtième siècle, et les évènements historiques qui s'y rattachent. Succès lors de sa création en 1957 outre atlantique, Maria Casarès et Pierre Brasseur firent triompher dès 1960 la version française de cette pièce signée Jean Cocteau , maintes fois reprise depuis. 

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Il se rencontrent à la toute fin du XIXème. Se vouent réciproquement une admiration sans borne. Entre l'actrice au sommet de sa gloire dotée d'un caractère bien trempé, pour ne pas dire impossible, et le dandy fantaisiste à la notoriété grandissante (il vient d'écrire "César et Cléopâtre"), va naître une complicité épistolaire amicale et amoureuse haute en couleurs, faite de confidences plus ou moins intimes, souvent cocasses, parfois émouvantes, de traits d'esprit, de disputes également. Pour elle il écrira Pygmalion (alors qu'elle a deux fois l'âge du rôle d'Eliza Doolittle), réussite théâtrale stoppée par la Première Guerre Mondiale. Et tandis qu'il poursuivra sa brillante carrière d'auteur dramatique, elle tentera tant bien que mal de mener la sienne à son terme et finira ses jours dans une misère totale en 1940, quelques temps après avoir publié une partie de leurs lettres.

Sur le plateau du Théâtre La Bruyère, meublé pour l'occasion d'une coiffeuse et d'un somptueux bureau Art Déco, Régis Santon a réglé un spectacle simple mais de belle tenue, fluide et grâcieux, à l'image du script et de ses nouveaux interprètes. Francine Bergé est une admirable Mrs Campbell, au jeu ciselé, précis, subtil et énergique. Elle donne merveilleusement vie à son personnage, dans ses irrésistibles envolées colériques comme dans les moments plus en retenue. Un bonheur ! Et si Marcel Maréchal semble avoir encore un peu de mal avec sa partition, il n'en est pas moins un réjouissant Bernard Shaw, espiègle à souhait, qui devrait dans les jours qui viennent trouver toute son ampleur.

Délicieux moment. 

Allez-y.

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Photos : Lot

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