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14/10/2012

Avec "L'Enterrement", Vinterberg et Rukov achèvent la famille "Festen"...

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Douze ans après son long métrage coup de poing narrant l'explosion en plein vol d'une famille,  suite aux révélations par l'un des enfants (adulte) des actes pédophiles du père sur sa progéniture, Thomas Vinterberg, accompagné de son co-scénariste Morgen Rukov, donnait en 2010 à Vienne une suite théâtrale à cette tragédie intense et bouleversante intitulée "L'Enterrement". Au Rond-Point, Daniel Benoin, qui avait déjà signé une adaptation scénique remarquée du film, en propose la version française. D'abord drôle puis étonnante, violente, et sacrément percutante, bien qu'inégale dans son interprétation.

Une décénie s'est écoulée depuis le drame évoqué précédemment. Le père vient de mourir. Tous se retrouvent afin de l'enterrer. La fille,  les deux fils et leurs compagnes, un petit fils aussi, entourent la mère, et tandis que le ton est plutôt à la légèreté malgré les circonstances, l'histoire de cette tribu va de nouveau basculer dans l'horreur... Nous ne pourrons en dire davantage.

Au lever du rideau, le public est d'emblée frappé par la scénographie. Un immense tapis  occupe toute la surface du plateau, jusqu'à plusieurs mètres de hauteur sur ses trois côtés. Comme retroussé. Voudrait-on on nous indiquer qu'à l'image de la poussière, les secrets ou vérités dérangeantes que l'on aurait cachés sous lui ne pourront que ressurgir un jour ? Peut-être... Quoi qu'il en soit, c'est au coeur de cet espace, dans lequel sont symbolisées une chambre et une grande salle à manger, que Daniel Benoin dirige de façon spectaculaire ses neuf comédiens (ça vomit sur scène, ça se castagne, se balance des seaux d'eau à la figure...) servant des dialogues écrits au scalpel, dans une pièce chorale pourtant clairement portée par l'un d'entre eux.

Car en fils abusé devenu alcoolique, au comportement autodestructeur, Pierre Cassignard se révèle magistral et s'impose en effet tout au long du spectacle. Se décomposant, se consumant à petit feu, ll est l'émouvant et terrifiant fil conducteur du drame, portant en lui son intensité, sa complexité, sa  laideur et parfois sa beauté. Ce n'est hélas pas toujours  le cas de Samuel Le Bihan, son frère dans l'histoire, qui lutte pour toucher la sincérité de sentiments extrêmes. Tout comme Mathilda May ne trouve jamais le ton adéquat en soeur "grungy-baba" agressive, fausse jusque dans les dread locks. Les trois enfants comédiens alternant dans le rôle du petit fils ont quant à eux toutes les peines du monde à se dépétrer d'une partition épouvantablement difficile.

Fort heureusement, le reste de la distribution est irréprochable. Caroline Proust, que les abonnés de Canal apprécient régulièrement en commissaire battante dans la série "Engrenages", incarne la femme de Pierre Cassignard avec une fragilité touchante qui laissera place à une rage foudroyante. Sur les planches comme devant la caméra, l'actrice séduit et convainc. Dominique Labourier est une mère autoritaire magnifique et glaçante. Celle qui n'avait voulu dénoncer les crimes de son mari espère sauver l'unité d'une famille disparue depuis longtemps. Mélanie Doutey, sa nouvelle bru, découvre avec effroi un passé qu'on lui avait tu, subit et tente de dépétrer le drame qui se déroule sous ses yeux dans une angoisse profonde et sincère. Elle est impeccable. François Marthouret, enfin, en infecte spectre hologrammique du père, et Paul Chariéras, cuisinier employé des parents témoin des évènements depuis le début, sont également  fort justes.

La suite (et très probablement la fin...) de cette tragédie familiale n'aura sans doute pas l'impact de l'oeuvre originelle sur les spectateurs, mais parvient, notamment grâce au travail de Daniel Benoin, à mettre des mots et des images sur l'insupportable.

Remuant, pour le moins.

A voir.

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Une famille formidable / L'Enterrement (Festen..... par WebTV_du_Rond-Point


Portrait de famille / L'Enterrement (Festen..... par WebTV_du_Rond-Point

Commentaires

Beaucoup d'indulgence dans votre propos... Un texte indigent impossible à sauver même pour de très bons comédiens. On ne peut pas croire que Festen ait été écrit de la même main. Quelle déception !

Écrit par : combe | 15/10/2012

Absolument d'accord ! Je pense avoir vu le pire spectacle de ma vie. La déception est sûrement à la hauteur de mes attentes, mais franchement, je m'attendais à un texte aussi brillant que celui de Festen ! C'est carton pâte, guimauve, hystérique : bref, vraiment rien à sauver de cette sitcom de bas niveau posée sur le plateau du rond-point : Totalement grotesque ! Quant à la mise en scène...

Écrit par : Sandinista | 15/10/2012

Franchement pas sur la même impression. J'ai trouvé cette pièce dense et prenante. Un texte riche et adroitement coloré avec des dialogues percutants. Une prise progressive du spectateur le conduit vers de fortes émotions et sans doute une réflexion sur les sujets traités (la famille, la fratrie, l'inceste). Mélanie Doutey, Samuel Le Bihan et Pierre Cassignard sont excellents.

Écrit par : Spectatif | 31/10/2012

Les commentaires sont fermés.