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18/10/2012

Le Tennessee Williams un peu déconcertant de Benoit Lavigne...

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En 2009, à l'Atelier, sa "Baby Doll" nous avait enthousiasmés, portée par une Mélanie Thierry et un Xavier Gallais sensuels, torrides et intenses. En cette rentrée, au même endroit, Benoît Lavigne a choisi de monter un autre Tennessee Williams et s'attaque à "La Rose Tatouée", une des rares oeuvres de l'auteur à afficher optimisme et légèreté. Légèreté, soit, mais de là à tomber dans le burlesque, nous avons comme un doute...

Williams situe son histoire dans les environs de la Nouvelle Orléans, région qu'il affectionne pour faire évoluer ses héros de fiction. Serafina, immigrée sicilienne veuve depuis trois ans élevant seule sa fille Rosa,  vit enfermée dans le souvenir d'une passion conjugale dont elle ne parvient pas à s'extraire, se coupant chaque jour un peu plus du monde réel. L'arrivée en ville d'Alvaro, drôle et beau camionneur sicilien, va lui redonner goût à l'existence tandis que Rosa, quinze ans, connaîtra son premier amour avec un jeune marin.

Soyons francs, nous avons connu le dramaturge plus fin poète, créateur de personnages plus épais, de climats plus subtils, d'atmosphères oniriques plus mystèrieuses et envoutantes. Mais enfin cela se tient et là n'est pas le problème majeur du spectacle. Nous l'évoquions dans l'introduction, Williams a conçu des dialogues prêtant souvent à rire. Disons plutôt à sourire. Il n'a pas pour autant renoncé à introduire dans les pages de son script l'érotisme latent, la tension sexuelle règnant entre les personnages qui font sa marque de fabrique. Et Benoit Lavigne, selon nous, néglige un peu trop cet aspect de la pièce au profit d'un humour qu'il maîtrise mal et devient lourd sous sa direction.

Rien à redire sur le jeu de l'excellente interprète principale  Cristiana reali qui, en Serafina, tient la scène intensément deux heures durant, torturée, fougueuse, et passionnée. Son partenaire en revanche, le serbe Rasha Bukvic part dans un surjeu, et c'est un choix de Lavigne, qui ferait passer Roberto Benigni pour la sobriété incarnée. Certes Serafina le surnomme "le clown", mais doit-il pour autant singer les Marx Brothers ? Sa voix tonitruante, ses gestes trop grands, alliés à des gags souvent poussifs, font perdre tout charme aux dialogues de Tennessee Williams. Pourquoi une telle caricature ? Pourquoi tant d'excès ? Par ailleurs l'acteur qui supporte et concentre presque à lui seul (le pauvre !) les erreurs de mise en scène, semble avoir oublié son sex appeal dans sa loge... Ce qui n'aide pas non plus à faire monter le désir sur le plateau.

Nous aimerions pourtant adhérer au spectacle. Les onze comédiens qui entourent le duo se révèlent tous impeccables, à commencer par la jeune Léopoldine serre, vue l'an passé dans "Sunderland", qui campe une Rosa de caractère à la candeur touchante. C'est visuellement très beau. La scénographie astucieuse de Laurence Bruley, permettant de passer sans transition et avec fluidité de l'intérieur à l'extérieur de la maison de Serafina, nous a séduits. Le travail dans son ensemble est d'une rigeur exemplaire.

Malheureusement ce manque certain de subtilité dans la légèreté "williamsienne" atténua considérablement nos bravos lors du salut.

Dommage.

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critique la rose tatouée théâtre atelier cristiana reali

Photo : Artcomart

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