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18/11/2012

Quand le Français réinvente "Les Trois Petits Cochons"...

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De ce célèbre conte de 15 lignes que Walt Disney figea au début des années 30 dans la mémoire collective, Thomas Quillardet, co-adaptateur et metteur en scène, offre une lecture joliment renouvelée et bien plus riche, pleine d'humour, de surprises, d'humanité, de tendresse, de poésie, propice à faire rêver petits et grands. Sans oublier d'aborder des thèmes essentiels comme la famille, la mort, le deuil, l'émancipation... 

Ainsi, le livret signé Marcio Abreu et Thomas Quillardet réintroduit-il dans l'histoire le personnage capital de la mère des trois héros qui, après leur avoir demandé de quitter la maison familiale, se verra embarquée pour l'abattoir par un cruel boucher. Chargée de cette disparition, la fratrie partira à la découverte du monde poursuivie par le grand méchant loup dont elle tentera de se protéger en construisant maisons de paille, de bois et de fer, laissant finalement bien seul le dernier de la bande venu à bout de l'ennemi.

Le metteur en scène exploite plateau et cage de scène comme un enfant explore un grenier dans lequel on ouvrirait les malles de vieux vêtements pour se déguiser, soulèverait les trappes pour s'y cacher, assemblerait des planches trouvées dans un coin pour se fabriquer une cabane... Les images qu'il propose sont belles, fortes, émouvantes, mais n'oublient pas de laisser notre propre imaginaire travailler. D'élégantes ballades accompagnent les protagonistes dans leur parcours initiatique au cours duquel dialogues et situations cocasses alternent avec  des séquences plus douces-amères. Attendrissant, cet instant où pensant à ses proches disparus, l'un des cochon est pris de "saudade", peinant à expliquer ce sentiment .

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Les comédiens Français s'en donnent à coeur joie. A commencer par l'exceptionnel Serge Bagdassarian qui après avoir campé un boucher à l'humeur chantante (son interprétation de l'irrésistible "Tout est bon dans le cochon" devrait rester dans les annales...) devient un loup délicieusement décalé et facétieux, tentant des tours de magie minables ou se déguisant en Petit Chaperon Rouge pour attraper ses proies. Bakary Sangaré est une étonnante "mama cochon" à la voix envoûtante dont l'esprit se réincarnera au fil du spectacle en paille, bois et fer, éléments protecteurs de nos héros. Julie Sicard, Marion Malenfant et Stéphane Varupenne sont pour leur part de réjouissants cochons sans queue en tirbouchon, au look de scouts des années 50, à la candeur et à la malice juvénile convaincantes.

A voir sans aucune hésitation !

Même sans enfant, mais c'est un peu dommage...


Photos : Cosimo Mirco Magliocca

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