Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/01/2013

L'élégante, réjouissante et grinçante poésie de Pierre Notte...

critique sortir de sa mère la chair des tristes culs théâtre du rond-point pierre note

De nos névroses, peurs et angoisses, Pierre Notte s'empare toujours avec gourmandise afin de produire un théâtre moderne, surprenant, parfois cru, souvent décapant, teinté d'un absurde délicieux, et surtout profondément humain. Au Rond-Point il présente, entouré de trois remarquables comédiens-chanteurs, "Sortir de sa Mère" (re-création) et "La Chair des Tristes Culs" (inédit). Deux contes moins sombres qu'à l'accoutumée, deux charmants spectacles musicaux, que l'auteur annonce comme des "cabarets", montés avec simplicité et rigueur. Visibles ensemble ou séparément.

Dans le premier, Notte compose une sorte d'hommage à celles qui nous ont mis au monde (en guise d'introduction il donne d'ailleurs la parole à sa propre mère, touchant témoignage...) et tente, de manière plus générale, de décortiquer avec tendresse et malice nos rapports aux êtres chers. Ici un frère et une soeur, une mère qui perd la tête, un père qui meurt. Se parler, comprendre, entendre, s'aimer, se souvenir, se trouver, se construire, ne pas laisser filer le temps... Chansons hilarantes, improbables, émouvantes, poignantes. Superbe. 

Dans le second, il s'agit de céléber la vie. Pour ce faire, l'auteur-metteur en scène mêle les destins d'une bimbo (morte !) légère et court vêtue attendant son amant en bronzant, d'un dépressif suicidaire échouant dans toutes ses  tentatives, et d'une petite brune acariâtre hantée par la disparition de son père. Là encore c'est décalé, inattendu, déjanté. L'écriture se révèle toujours aussi ciselée et savoureuse. On rit, on s'émeut du mal-être de ces personnages paumés qui, ensemble, retrouveront une raison d'exister, jusque dans l'au-delà, quitte à devoir se découper les fesses pour faire des crêpes "au bon goût d'humanité"...

Un piano, deux chaises, trois accessoires bien trouvés et des éclairages léchés suffisent à Tiphaine Gentilleau, Chloé Olivérès, et Brice Hillairet  pour se fondre, en deux fois vingt chansonnettes, dans le monde si particulier de Pierre Notte. Leur talent, leur grâce  sautent aux yeux. Jolie candeur, magnifique précision. Nous nous sommes régalés.

N'hésitez pas !

Jusqu'au 9 février seulement. Dépêchez-vous.

Réservez vos places en cliquant ci-contre :  commander_100x30_02.gif


Sortir de sa mère / La Chair des tristes culs par WebTV_du_Rond-Point

Les commentaires sont fermés.