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18/01/2013

Le mal d'Audiberti court joliment sur la petite scène du Poche réouvert...

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Douze ans que l'une des plus célèbres oeuvres de Jacques Audiberti n'avait été présentée dans notre capitale. Cet élégant, cruel et drôlatique conte philosophique fait ces jours-ci son retour sur la scène qui l'a (presque) vu naître en 1947, sous la houlette de Stéphanie Tesson. Délicate manière, pour la nouvelle direction du Poche, de rendre hommage à la première ère de l'établissement, au cours de laquelle le théâtre de texte fut à l'honneur,  et fort belle façon d'ouvrir la seconde, avec un spectacle aussi accessible qu'exigeant.

"Le Mal Court", rappelons-le, nous plonge dans le XVIIIème siècle d'une Allemagne d'opérette où l'innocente Alarica, Princesse de Courtelande, fait route vers l'Occident afin de rencontrer celui auquel elle est promise, le roi Parfait XVII. La chambre de l'auberge dans laquelle se déroule l'action sera pour la demoiselle le théâtre de toutes les désillusions. Elle s'y découvrira l'objet d'une gigantesque machination politique et constatera qu'elle vit dans le mensonge depuis des années. Mensonge entretenu par son entourage le plus proche. Accusant le coup, Alarica perdra alors sa candeur, oubliera morale et justice pour s'emparer des rênes de sa vie et du pouvoir. Les dommages pour tous seront conséquents et immédiats. Mais afin de mieux l'éradiquer, ne faut-il pas traiter le mal par le mal ? Ce mal qui s'immisce partout, jusque dans les âmes les plus pures. Ce mal qui court. Toujours...

critique le mal court poche montparnasse

Riche, extravagante, sophistiquée, poétique, la langue d'Audiberti est un enchantement. Sa pièce  enlevée, prenante. Ses personnages sont formidablement dessinés. Et pour en délivrer toutes les facettes, la metteur en scène, assurément, a su trouver huit excellents interprètes.

A commencer par la frêle et ravissante Julie Delarme qui, en Alarica, parvient à distiller le moment venu toute la puissance, la violence, et la démence qui envahissent celle qu'elle incarne. Josiane Lévêque, sa gouvernante aux airs sapritchiens est exceptionnelle. Emmanuel Suarez campe un jeune roi lunaire, presque séraphique, qui nous a ravis. Jean-Paul Farré, le Maréchal, zébulon survolté, paniqué, à l'irrésistible loghorrée, se révèle impayable. Didier Sauvegrain, en improbable Cardinal de la Rosette, nous apparaît comme une sorte de réincarnation assez jouissive, au genre confus, de Cruella de Vil. Marcel Maréchal campe pour sa part un Roi de Courtelande tout droit sorti du pays des merveilles. Mathias Maréchal, en faux "Parfait", a belle allure et belle assurance. Antony Cochin enfin, très juste, est un lieutenant docile vite dépassé  par les évènements.

Le travail de Stéphanie Tesson épouse simplement, mais avec malice, la fantaisie de l'auteur, illustre parfaitement son propos sans jamais le trahir. Sa direction d'acteurs s'avère subtile , intelligente. Les maquillages très réussis de Marion Caranobe ainsi que les joyeux costumes de David Belugou apportent par ailleurs beaucoup au spectacle. Un seul regret : une scénographie de Nicolas Sire peut-être trop réaliste...

Allez-y !

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Photos : Brigitte Enguerand

12:07 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : critique le mal court poche montparnasse | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

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