Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

29/05/2013

L'histoire d'amour compliquée d'Arendt et Heidegger...

Capture d’écran 2013-05-28 à 14.22.25.png

Il y a deux ans, la Comédie des Champs Elysées proposait sur le même sujet le totalement raté "Démon de Hannah" d'Antoine Rault. Depuis un petit mois, et jusqu'à la fin juin, c'est la Huchette qui nous offre une pièce évoquant la liaison des  philosophes allemands, de 1925 au début des années 50, explorant la puissance des sentiments dans les circonstances les plus extrêmes (L'amour d'Hannah Arendt, juive qui fut contrainte de s'exiler, résista en effet à l'absence d'opposition franche de Martin Heidegger au régime nazi). Ce texte de l'argentin Mario Diament, intitulé "Un Rapport sur la Banalité de l'Amour", théâtral, édifiant, finalement universel dans son propos, est soigneusement adapté et monté par André Nerman. A voir.

Cinq tableaux plongent le spectateur dans l'intimité des deux amants. De leur premier baiser à l'université, lorsque Martin n'était encore que le professeur d'Hannah, à leur ultime tête à tête dans un café quelques années après la guerre, en passant par ces rendez-vous furtifs à l'hôtel, à l'abri des regards, loin de leurs époux respectifs. A chaque fois la passion, les débats philosophiques, idéologiques, menant aux disputes. Et au final l'amour qui l'emporte. Car "l'amour est amoral", concluera Hannah Arendt au terme de leur histoire. Par ailleurs, de courtes vidéos dans lequelles un groupe d'universitaires décriptant la pensée et l'attitude des protagonistes, servent d'introduction aux moments de vie imaginés par l'auteur, les resituant dans leur contexte historique.

Aussi crédible en jeune fille à peine sortie de l'adolescence qu'en femme mûre ayant traversé les épreuves que l'on sait, la sensible Maïa Gueritte campe avec intensité, conviction, une Hannah Arendt tourmentée, poignante dans sa lutte intérieure entre colère, douleur et désir. A la fois perdue et déterminée. Elle s'empare avec intelligence, subtilité, des dialogues mis à sa disposition. Face à elle, André Nerman campe Heidegger, en plus de ses responsabilités artistiques précédemment évoquées, et dévoile un jeu plutôt juste bien que légèrement trop appuyé. Quant aux universitaires, leurs interventions, si elles sont instructives, n'ont pas grand chose de spontané. Un peu dommage, mais rien qui n'empêche véritablement d'apprécier le travail présenté.

Alors allez-y.

Réservez vos places en cliquant ci-contre :  commander_100x30_02.gif

Capture d’écran 2013-05-28 à 14.21.01.png

Photo : Lot

Les commentaires sont fermés.