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03/06/2013

"Kalashnikov" : une relecture d'Oedipe saignante et azimutée...

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Au Rond-Point, Pierre Notte dirige quatre Rolls des planches dans une oeuvre barrée, sacrément décapante et joyeusement lyrique de Stéphane Guérin, mettant à mal l'image d'Epinal de la famille, s'interrogeant sur nos capacités à vivre et nous émanciper d'un cocon parfois (souvent ?) plus nocif que profitable. Et "paf !" la famille... Tout le monde en prend pour son grade. Un cabaret trash irrésistible, rythmé, concis, aux envolées inspirées, qui fait du bien  et que nous vous recommandons vivement. 

critique kakashnicov théâtre du rond-point stéphane guérin cyril

Dans leur salon, un couple qui ne se supporte plus. Chacun songe à l'existence qu'il aurait pu avoir sans l'autre. Lui ne décolle plus du canapé, fantasme sur les jeunes filles reluquées sur le petit écran. Elle ne pense qu'à  l'émasculer et lui faire manger ses attributs. Espère qu'il n'aura pas Alzheimer car on met longtemps à en mourir.  L'abonnement télé coupé, ils se rejouent leurs programmes favoris. Elle lui fait les infos, il lui fait Dallas... Et puis leur fils soldat rentre d'Afghanistan, se demande qui sont ces êtres qu'il ne reconnaît pas... Décide de fuir pour tracer sa route... Mais "Le Trans", choeur-prophète rêvant d'une carrière à Broadway, prédit  au fils le destin d'Oedipe. La relecture du mythe, à la sauce 2013, peut alors commencer...

Suffisamment foutraque en elle-même, la pièce de Stéphane Guérin n'a nul besoin d'une mise en images ostentatoire. Cela, Pierre Notte l'a bien compris. Il signe un spectacle à la scénographie minimaliste (un canapé, une table, deux chaises) structurée par des éclairages soignés, aux idées simples mais percutantes, s'appuyant essentiellement sur l'interprétation des comédiens. Brillants.

Raphaëline Goupilleau, d'abord, campe magistralement l'épouse au bord du gouffre et la mère incestueuse. Munie de son imparable sens de la rupture, elle débite avec une assurance on ne peut plus jouissive  les horreurs écrites par l'auteur et, dans cette folie ambiante, n'oublie pas la profondeur du personnage, maîtrisant une palette de jeu exceptionnelle. Drôle et bouleversante, l'actrice suscite à chaque fois notre admiration. Le séduisant Cyrille Thouvenin ensuite, est un fils paumé, bouillonnant, combatif, délivrant ses trop-pleins de pensées, d'envies,  avec frénésie. On devine chez le garçon une certaine gourmandise à s'emparer d'une partition autorisant excès et accès, dont il manie avec dextérité les différents tempi. Annick Le Goff apporte pour sa part toute l'étrangeté nécessaire à l'énigmatique "Trans".  Enfin dans le rôle du père amorphe scotché à son canapé, Yann de Monterno subit, l'esprit ailleurs, avec un flegme savoureux les assauts verbaux de sa femme.

Allez-y !

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Photos : Giovanni Cittadini Cesi

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