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26/09/2013

A la Pépinière, Gabor Rassov en petite forme...

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De Gabor Rassov, on se délectait il y a près de 15 ans déjà du délirant, du cultissime "Jacques & Mylène", dans lequel se faisait remarquer une certaine Valérie Bonneton aux côtés de François Cluset. Plus récemment nous applaudissions sans réserve ses grinçants "Amis du Placard", avec les odieux Didier Bénureau et Romane Bohringer. En cette rentrée il revisite le genre du mélodrame en proposant une série de parodies regroupées sous le titre pour le moins explicite de... "Mélodrames(s) !".  Sympathique, amusant, mais un peu court et un peu mou, dans l'écriture comme dans la mise en scène signée Pierre Pradinas.

Direction le Festival International du Mélodrame, fil conducteur de la représentation, afin d' entendre trois histoires abracadabrantesques et sanglantes. La première se déroule au grand prix de formule 1 d'Acapulco. Une bimbo a pour amant le favori de la course. Dans les stands son vieil époux, ancien pilote en fauteuil roulant, commandite le meurtre du responsable de ses cornes.  Personnages réjouissants, dialogues de soap plutôt bien sentis. La quasi totalité des répliques contient placement de produit ou réclame, drolatique clin d'oeil à la pollution de nos programmes télé par la publicité. Destination Shangaï ensuite, où défileront les morts façon grand guignol en kimono. Suicide par empoisonnement, hara kiri, meurtres... Enfin nous partirons pour Los Angeles où alcool, drogue, racisme, grossièreté et violence seront emballés  de rires enregistrés, à la mode d'une mauvaise sitcom.

On rit, indéniablement, à l'écoute de ces trois mélos que l'on aurait aimés plus incisifs, et qui mériteraient sérieusement d'être resserrés. Le propos, succinct et répétitif, est généreusement délayé, et les temps morts sont fréquents. D'autant que le fil rouge "Festival du Mélodrame", liant les saynètes, se révèle inutile et poussif. Ces monologues de présentation du maître de cérémonie sont de petits tunnels dans lesquels s'englue Warren Zavatta, pas encore rompu à l'exercice.

Les interprètes, justement. Parlons d'eux. Romane Bohringer passe avec aisance et espièglerie de la Bimbo à la junkie. Nous sommes clients. Autour d'elle, deux fidèles de la bande de Pradinas, Thierry Gimenez et Matthieu Rozé, parfaits, s'en donnent à coeur joie dans des compositions loufoques à souhait. Nouveau venu, Bruno Salomone  rentre quant à lui sans retenue dans le délire, un coup les yeux bridés, un coup afro-américain. Seul Warren Zavatta, dont la partition s'avère il est vraie moins réussie, semble encore chercher ses marques.

Tout ce petit monde est rigoureusement dirigé. L'ensemble, propret, pourrait toutefois passer la seconde (soucis de rythme). Au final le spectacle se laisse regarder sans ennui mais sans véritable enthousiasme.

Bon... Pourquoi pas. 

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Photo : Mirco Magliocca

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