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10/10/2013

Au Français, Dan Jemmett transpose "Hamlet" dans les 70's et passe à côté du chef d'oeuvre shakespearien...

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A l'image de Molière et de l'ensemble des auteurs classiques, Shakespeare est en mesure de supporter quasiment tous les voyages spatiotemporels ainsi que les idées de mise en scène les plus farfelues, voire les moins pertinentes, à condition que l'on n'altère la substantifique moelle  des oeuvres représentées. Salle Richelieu, Dan Jemmett  fait évoluer "Hamlet" dans le club house 70's d'une salle d'escrime. Pourquoi pas. Si l'on admit sans difficulté ce rapprochement original de l'intrigue vers le spectateur de 2013 afin que la pièce lui parlât davantage, nous fûmes fortement contrariés par la faiblesse de traitement du drame de notre cher William, enfonçant le spectacle,  à mesure qu'il avançait, dans l'ordinaire ,l'anecdotique, le divertissement, le grotesque puis le vulgaire le plus absolu, basculant du registre de la tragédie dans celui des mauvaises séries télé... Un non sens, un contresens total.

Ceci étant posé, le reste est accessoire. Qu'Hamlet ait l'âge de sa mère, qu'il brandisse la balayette des toilettes en guise de sceptre, que Gertrude boive comme un trou, que Rozencrantz et Guildenstern ne fassent qu'un (un homme et son chien-marionnette... Peut-être l'ancêtre de Tatayet ?), qu'Ophélie se déhanche sur du disco avant d'exhiber son intimité en public, que Claudius ressemble à Derrick, que le bar soit d'une laideur incommensurable... Tout cela importe peu. Mais que les enjeux soient à ce point effacés, que les personnages soient à ce point dépossédés de leur ADN, que les questionnements métaphysiques et politiques de la pièce ne soient plus audibles, que la poésie de l'ouvrage ait été purement et simplement éradiquée du spectacle, on ne peut le comprendre. Aucune intensité, aucune émotion ne se dégage de ce qui nous est donné à voir.

En ersatz de JR, Sue Ellen & co, minutieusement perruquée, la distribution eut donc toutes les peines du monde à convaincre. Ecrire qu'elle échoua dans les plus grandes largeurs serait d'ailleurs plus juste. Pas un ne semble savoir où il va. Denis Podalydès le premier. A nos yeux trop âgé pour le rôle, il erre trois heures quinze durant chargé d'on ne sait trop quel sentiment. Mais ses partenaires ne font pas mieux. Il n'y sont pour rien.

Arrêtons-nous là et passons à autre choses car, vous l'aurez compris, c'est raté...

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Photos : Cosimo Mirco Magliocca

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