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05/11/2013

Aux Variétés, Nicolas Briançon fit ce qu'il put...

critique divina théâtre des variétés amanda lear nicolas briançon jean robert-charrier

Aussi talentueux soit-il, un metteur en scène aura toute les peines du monde à transformer une chanteuse en actrice et ne pourra faire d'un boulevard maladroit la comédie de la saison. C'est pourtant ce qui fut demandé au brillant Nicolas Briançon auquel on confia simultanément Amanda Lear, consacrée nouvelle reine du rire après l'effroyable "Panique au Ministère", et la première pièce du directeur de la Porte Saint-Martin, Jean Robert-Charrier. Les miracles n'existant pas, celui-ci sauva les meubles mais pas vraiment notre soirée...

L'intention de l'auteur était plutôt louable. Tenter de proposer autre chose qu'une succession de vannes faisant fi des principes de dramaturgie les plus élémentaires, en élaborant un script solide. Aussi a-t-il imaginé l'histoire de "Divina", vedette de télévision odieuse et égocentrique, éjectée de son propre talk show, contrainte d'aller quémander du boulot auprès de son ex, présentateur d'une émission de cuisine sur une minuscule chaîne du câble...

Dans le genre, le propos en vaut un autre. L'intrigue, qui a le bon goût d'être simple, ne se tient pas trop mal, malgré d'étonnants raccourcis. Les personnages, rapidement et grossièrement dessinés, ont le mérite d'exister. Hélas la plume manque  cruellement d'entrainement, d'assurance, de mordant, de virtuosité. Cela n'est pas très drôle. A trop vouloir soigner la construction et le réalisme de sa pièce, Jean Robert-Charrier livre un produit bien fade, aux dialogues convenus, aux situations dénuées de toute folie, allant jusqu'à s'engluer dans une psychologie bon marché qui plombe véritablement le rythme de l'ouvrage...

Et comme Amanda Lear n'est pas Jacqueline Maillan, elle ne peut compenser la faiblesse de répliques supposées déclencher l'hilarité générale (et inversement). Dans son apprentissage du métier, l'ancienne diva du disco écoute et progresse doucement. Se fatigue rapidement (63 ans, vraiment...?). Manque de niaque. Les maladresses sont encore fréquentes. Et une technique défaillante empêche pour le moment cette amusante et forte personnalité de porter un spectacle sur ses épaules. Autour d'elle l'irrésistible et cartoonesque Guillaume Marquet (Molièrisé pour sa prestation dans Le Dindon mis en scène par Philippe Adrien) se démène avec un certain brio. L'épatante Marie-Julie Baup et l'efficace Mathieu Delarive sont la cause de quelques sourires avec leurs démonstrations culinaires calamiteuses. En styliste caricatural,complètement folle, Thierry Lopez fait le job, assurément. Mais aucun ne parvient à masquer les lacunes évoquées plus haut.

Dans la cuisine de Divina, la mayonnaise ne prend pas.

Tant pis tant pis...


Divina, Théâtre des Variétés | Bande-annonce par portestmartin

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