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14/11/2013

Comme un sentiment de déjà vu dans la salle de classe de Nicolas Bréhal...

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Voici une "fantaisie" imaginée par le romancier, dramaturge et critique littéraire disparu en 1999. "Bonjour Maîtresse" se veut une évocation poético-drolatique de nos chères institutrices, mettant en scène La Maîtresse, fantasmée, sublimée, telle qu'elle se présente dans nos souvenirs d'écoliers parfois émus. Soit un monologue sympathique, à nos yeux rapidement écrit, qui manque d'ampleur et souffre terriblement de l'inévitable comparaison avec "Madame Marguerite" (Roberto Athayde), autre partition pour enseignante névrosée conçue sur le même mode, sans doute  moins légère (encore que) mais nettement plus aboutie.

Madame B. accueille ses élèves chéris (le public) au sein de sa classe. Entre le rendu allégrement commenté des cahiers corrigés, la mort de Madame Bovary en guise de dictée (énoncée avec l'emphase glaçante d'une parfaite tragédienne), l'examen du foie de sa tante qui fait office de cours de biologie, ou une séance de gym des plus sensuelles, la maîtresse se livrera à une série de digressions personnelles, fantasques ou pathétiques, révélant une solitude et un besoin d'amour flagrants.

Si le texte de Nicolas Bréhal est un peu court, sur le fond comme sur la forme (50 minutes tout compris, incluant l'entrée en salle des élèves-spectateurs), s'il pourrait gagner en drôlerie, en folie, ou se détacher encore davantage d'un réalisme réducteur, Chantal Bronner, qui créa le rôle il y a 20 ans, apporte au personnage une appréciable dimension et une touchante profondeur. L'habite avec intensité, fragilité, vérité, complexité.

Parce que le moment n'est au final pas déplaisant, et parce qu'il est porté par une interprète de choix soigneusement dirigée par Olivier Balazuc, vous pourrez prendre, éventuellement, la direction du Poche-Montparnasse.

Jusqu'au 5 janvier 2014. 

critique bonjour maîtresse nicolas bréhal chantal bronner olivie

Photo : agencesartistiques.com / DR

Commentaires

Avec un regard tendre et fou, Chantal Bronner se dévoue totalement au texte, un peu convenu mais acide et poétique à souhait.

Écrit par : Spectatif | 16/11/2013

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