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18/11/2013

Une amusante comédie serbe...

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Sur le plateau du "Théâtre 13 Jardin", Ned Grujic réunit une dizaine d'acteurs, en majorité originaires des pays de l'Est, afin de mettre en lumière Branislav Nusic, auteur serbe disparu en 1938 considéré comme le plus grand dramaturge de son pays, à mi-chemin entre Gogol et Feydeau nous dit-on. Bon... Nous ne nous enflammerons pas à propos de ce qui nous fut donné à entendre mais enfin "Les (Dés)Héritiers", empoignade drolatique, bien qu'un peu longue, de vautours guettant un héritage, évoquant des situations universelles et atemporelles, nous fit passer un agréable moment. D'autant que la chose se révéla impeccablement montée.

Un défunt. Huit cousins plus ou moins lointains convaincus d'apparaître sur le testament. Tous se retrouvent dans la demeure du disparu. Décident d'occuper les lieux jusqu'à l'ouverture, chez le notaire, de la précieuse enveloppe, soucieux d'éviter les vols de bibelots susceptibles de leur revenir. Démarre alors le bal des hypocrites. C'est à qui versera les plus grosses larmes, à celui dont les liens de parenté seront les plus étroits avec feu le "cher cousin", à qui mettra de côté le plus d'argenterie pas encore inventoriée... Et quand les charognards découvrent qu'ils n'auront rien, c'est une guerre sans merci qui s'annonce pour tenter de récupérer ce dont ils se croyaient déjà propriétaires...

critique les dés(héritiers) ned grujic théâtre 13

Nonobstant la révélation dans le titre de l'unique rebondissement de l'intrigue (c'est ballot...) et le fait qu'on ne mette pas trois minutes, une fois le spectacle commencé, à deviner l'identité de l'héritier (on ne se trouve pas dans un polar, mais tout de même...), la pièce  fonctionne plutôt pas mal durant ses deux premiers tiers, avant de sérieusement marquer le pas en raison de l'absence d'enjeu véritable. Au fil de dialogues ciselés et bien sentis, l'auteur déroule une galerie de portraits hauts en couleurs, peu glorieux mais on ne peut plus justes. Manipulateurs, escrocs, faux naïfs, menteurs, forts ou faibles... Tous sont merveilleusement croqués et nous parlent forcément.

Nous ne pourrons imputer les vingt minutes de trop au travail sans chichi, dynamique et rigoureux de Ned Grujic, pas plus qu'à ses comédiens, au jeu subtil et efficace, dignes représentants d'une âme slave à laquelle nous goûtâmes avec un plaisir certain, également charmés par les compositions originales du groupe "Les Yeux Noirs". La linéarité de la dramaturgie  est bien la cause du léger et regrettable ennui qui nous saisit quelque part dans l'acte 2. 

Mais rien de rédhibitoire.

Alors pourquoi pas.

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Les Yeux Noirs 2013 from Olivier Slabiak on Vimeo.


Photo : Kasia Kosinski

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