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08/12/2013

Le poignant face à face Fabian-Brakni...

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A l'Oeuvre, Marie-Louise Bischofberger, metteur en scène et collaboratrice régulière de Luc Bondy à qui l'on doit entre autres "L'Amante Anglaise" à La Madeleine en 2009 (Ludmila Mikael), conduit avec rigueur, sobriété, radicalité, une adaptation signée Marie Deshaires de "Sonate d'Automne", le long métrage d'Ingmar Bergman sorti en 1978. Un affrontement mère-fille puissant et bouleversant, finement dialogué, que le jeu de Françoise Fabian et Rachida Brakni nourrit superbement. Un spectacle intense, épuré, allant à l'essentiel : la vérité des sentiments et personnages. Fort beau moment.

critique sonate d'automne théâtre de l'oeuvre françoise fabian r

Sept ans après leur dernière entrevue, Eva retrouve sa mère Charlotte, célèbre concertiste. Leurs rapports ont toujours été compliqués. L'incommunicabilité flagrante. Charlotte, qui fut davantage préoccupée par sa carrière et sa vie de femme que par ses filles, vient de perdre son second mari. Eva vit aux côtés de  Victor, qu'elle se dit incapable d'aimer, dans le souvenir permanent de leur fils, mort noyé à l'âge de quatre ans. S'occupe de sa soeur handicapée. Donne des cours de piano. Semble rongée par le jugement, le regard que Charlotte pose sur elle. La musique, une sonate de Chopin, sera l'élément déclencheur d'une conversation-explication parfois maladroite mais salutaire qui mettra en lumière non-dits, incompréhensions, souffrances, et sera cause de cris d'amour, de colère, de désespoir...

Sur un plateau à la scénographie minimaliste, régulièrement balayé de feuilles mortes (belle idée), accompagnées d'Eric Caruso, interprète d'une grande subtilité campant un mari extrêmement touchant, à l'écoute, plein de douceur, aux gestes, aux regards et silences profondément habités, les deux actrices explorent donc ces névroses familiales avec brio. Françoise Fabian, dans une retenue douloureuse, une insoutenable solitude, donne à voir une femme faussement insensible et solide comme un roc. Rachida Brakni, à fleur de peau, torturée et fragile, aux déchirantes envolées, dévoile un être perdu dans une confusion de sentiments vertigineuse.  Tous trois sont remarquables.

Allez-y !

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Photos : Pascal Gély

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