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10/12/2013

"Psyché, le musical" ! La séduisante proposition de Véronique Vella...

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La sociétaire du Français s'attaque ingénieusement à l'immontable, indigeste (cinq heures lors de sa création) et hétéroclite tragi-comédie-ballet composée à huit mains par Molière, Corneille, Lully et Quinault (pour les paroles des chansons), faisant de la rencontre entre la sublime terrienne Psyché et le fils de Vénus, une surprenante comédie musicale de deux heures, mettant en scène 20 artistes, aux mélodies inspirées (Vincent Leterme) balayant les genres les plus divers, du lyrique à la variété, en passant par le jazz. Un spectacle de troupe généreux, intense, malicieux, et toujours plus enthousiasmant à mesure que la représentation avance.

"Psyché", rappelons-le, narre le destin de cette jeune femme à l'incroyable beauté, envoûtant les hommes malgré elle, rendant jalouses ses soeurs, mais aussi Vénus qui estime que la demoiselle lui cause ombrage et décide, pour se venger, d'envoyer sur terre l'Amour, son fils, lui briser le coeur. Celui-ci tombera sous le charme, contrariant les plans de sa divinité de mère...

critique psyché comédie française véronique vella

La salle Richelieu dans ce qu'elle a de plus brut. Un plateau nu laissant deviner les décors, stockés au lointain, d'autres productions. Des trappes qui s'ouvrent. Des comédiens qui en surgissent. Quelques notes de piano. Un choeur tout de bleu vêtu, rappelant avec ses longs manteaux et chapeaux melons les hommes volants de Jean-Michel Folon, introduit des personnages échappés du XVIIème et d'une mythologie fantasmée. Ensemble, évoluant sur l'imposante tournette du théâtre, devant des toiles peintes, des drapés, des tentures montant ou descendant des cintres,  chantant, dansant, s'essayant même aux claquettes, ils s'affronteront, s'aimeront, se déchireront, avant de regagner les entrailles du théâtre.

Le spectacle imaginé par Véronique Vella forme un rêve éveillé, constitué d'images simples, puissantes, poétiques. Un hommage, une déclaration d'amour à l'outil théâtral, à l'acteur, l'un et l'autre joliment mis en valeur, avec juste ce qu'il faut d'artifices. 

Françoise Gillard campe une Psyché de caractère. Garçonne rayonnante à la candeur non feinte, forte et fragile, à la beauté évidente mais pas "cliché". Face à elle, Benjamin Jungers est un amusant "Amour". Aussi frêle. Plus enfantin. Luttant pour masquer les ailes immenses dépassant de son costume (très drôle !). Le couple émeut. Bouleverse même, au cours d'un corps à corps dansé, imparfait mais prenant, chorégraphié par Elliot Jenicot. Sylvia Bergé, puissante (quel organe !), exaltée, cruelle, est une formidable Vénus. Jennifer Decker et Coraly Zahonero (soeurs de Psyché), jouant les pestes avec délectation, se révèlent irrésistibles. Distribution impeccablement dirigée. Pardon de ne citer chacun.

Un démarrage légèrement décontenançant, une ou deux maladresses, des tessitures cherchant encore l'harmonie parfaite, et surtout des micros à remiser d'urgence, rendant les voix métalliques et le propos  difficilement compréhensible, ne nous auront empêchés de passer un délicieux moment. Aussi, gageons qu'il en sera de même pour ceux qui se rendront place Colette jusqu'au 4 mars 2014.

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Photos : Brigitte Enguérand

Commentaires

Très agréable divertissement. Beaucoup de charme, d'humour et de poésie.
Belle performance d'acteurs-chanteurs. les Comédiens Français ont bien du talent et manifestent des capacités parfois inattendues (ex; claquettes).

Très bon choix que de réduire ce spectacle à une durée raisonnable et sans entracte.
La musique finalement se révèle tout à fait agréable et bien rythmée et sans doute plus en phase avec le parti-pris de mise en scène.
Que Lully nous pardonne de ne pas avoir regretté au final sa partition, même si au début son absence nous a un peu étonnés!

Seul bémol....les micros et la sono. les comédiens n'en ont pas besoin quand ils "disent" les alexandrins du récit.
Et, en ont ils vraiment besoin de si forts quand ils chantent????
Un réglage de la sono à faire d'urgence pour que ce spectacle, que je recommande chaudement, soit absolument parfait!
Une très belle soirée de fin d'année!

Écrit par : patramarga | 11/12/2013

J'ai été ravi par cet OTNI (Objet Théâtral Non Identifié...) qui mélange tous les genres, comme le dit si bien Véronique Vella.
On assiste à de magnifiques idées de mise en scène, avec tout un travail remarquable sur les rideaux, tentures, toiles peintes d'anne Kessler...
Alors évidemment, en ce qui concerne la sonorisation, il y a encore du boulot à réaliser, comme souligné dans votre critique.
Le parti pris d'avoir des musiciens sonorisés sur scène (piano électriques aux différentes sonorités) impose une prise de son des textes, et le résultat n'est pas toujours réussi.
Mais ceci ne gâche pas le plaisir.
Françoise Gillard est époustouflante, surtout quand on l'a vue récemment comme c'est mon cas dans "Antigone" qu'elle porte également à bout de bras !
Allez voir Psyché, il reste quelques semaines !

Écrit par : Yves POEY | 29/12/2013

j'y étais le 31 décembre
et j'ai été très gêné par la sonorisation des comédiens
c'est admissible pour les parties chantées
mais pas pour les parties parlées
certes on y gagne en confort d'écoute! on ne perd rien de ce qui est dit!
mais on y perd en authenticité et en émotion !
je ne vais pas au théatre pour entendre un son télé ou un son ciné!

Écrit par : christophe | 04/01/2014

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