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26/11/2013

Du music-hall joyeusement déjanté à la Nouvelle Eve...

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Certains comparent parfois ce quatuor vocal féminin aux Frères Jacques. Il y a un peu de ça... Mais alors aux Frères Jacques qui auraient mis les doigts dans la prise et ne les auraient jamais retirés ! Car elles sont sacrément allumées les Sea Girls, qui repassent par la capitale dès la semaine prochaine avec leur spectacle créé en 2011.

Ces délicieuses demoiselles au caractère bien trempé, aux personnages soigneusement dessinés, nous embarquent avec espièglerie dans leurs chansons absurdes, loufoques, barrées, parfois un peu trash. On se souviendra longtemps du "Petit Lapin" si gentil finissant en terrine, du "Bal de la Bouse", ou encore de "J'Aime les Hommes", véritable appel au secours à destination de la gent masculine. Nous employions en titre le terme de "Music-Hall"... Toutes quatre nous gratifient en effet de quelques tours de magie merveilleusement ratés ou de numéros improbables, à l'image de ces effeuillages "épluchages" de costumes (par ailleurs superbes) assez savoureux.

Au fil de la représentation, la grande pas commode, la nunuche, la vamp et le garçon manqué vivent intensément leurs moments de "gloire" individuels. Si les paroles des chansons ne sont pas toujours abouties, les thèmes, bien trouvés, s'avèrent d'excellents prétextes à jeu pour les artistes, également comédiennes, qui font preuve d'un très juste sens de la scène, du public (qui participe au spectacle, parfois malgré lui), et d'une appréciable complicité.

Patrick Haudecoeur (Thé à la Menthe ou t'es Citron ?", "Frou-Frou les Bains"...) signe une mise en scène poussant chacune d'entre elles dans une théâtralité et une efficacité burlesque qui font la force du spectacle. Ca part en vrille, c'est drôle, parfaitement réglé, de l'ouverture au final, impeccablement chanté. Pétillant comme des bullles de champagne. Et ça tombe bien car à La Nouvelle Eve (écrin idéal pour ce genre de show) vous pouvez en consommer...

A partir du 5 décembre, tous les jeudis, vendredi et samedi, "Les Sea Girls fêtent la fin du monde". Avec Judith Rémy, Prunella Rivière, Elise Roche, Delphine Simon et deux musiciens.

Allez-y !

Réservez vos places en cliquant ci-contre :  logo125_27_fnac_bl.gif

25/11/2013

Le show familial d'Arturo Brachetti et ses amis...

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Le transformiste italien présente jusqu'aux vacances de Noël un spectacle déclinant les différentes disciplines de la magie, du close up aux grandes illusions, s'entourant pour cela de sept artistes à la renommée internationale. L'ensemble, habilement agencé, rythmé, scénarisé, plutôt drôle, efficace, heureusement débarrassé du kitsch inhérent au genre, se laisse regarder avec un certain plaisir, à défaut de véritablement nous enthousiasmer.

Hôte de la soirée, Arturo Brachetti s'est réservé trois séquences, révélant une fois encore sa virtuosité. Exécutées à la vitesse de l'éclair, ses métamorphoses colorées, fantasques, sont toujours aussi saisissantes, et le fait qu'elles se voient mêlées à d'autres illusions permet d'éviter toute sensation de lassitude. Nous avions en effet pu constater par le passé que deux heures de changements de pantalon, aussi rapides et ingénieux soient-ils, peinaient à maintenir l'attention du public en raison de l'aspect répétitif de la chose...

Autour de lui, des personnalités au tempérament souvent prononcé défendent donc honorablement leur spécialité. Le jeune Luca Bono, à qui l'on a confié le rôle du candide un brin autiste auquel on fait découvrir la magie (amusants intermèdes), dévoile en fin de représentation un remarquable numéro de manipulation (cartes, colombes, balles...). Théo Dari a pour sa part choisi des lasers comme accessoires (étonnant). Luca et Tino forment un réjouissant duo de magiciens clownesques. Vincent C. apporte une note gentiment trash au show (achevant notamment un de ses tours les fesses à l'air, un Rubik's Cube dans la bouche, un hula hoop autour de la taille...). Très académique en revanche le mentaliste Alain Choquette, et terriblement quelconques les grandes illusions de l'américain Darcy Oake...

En compagnie d'enfants, le moment s'avère plaisant.

Pourquoi pas.

Au Gymnase jusqu'au 5 janvier.

15:45 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

21/11/2013

Le "Gros-Câlin" cocasse et envoûtant de Jean-Quentin Châtelain...

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Au Théâtre de l'Oeuvre, où définitivement il fait bon aller, Jean-Quentin Châtelain se saisit avec brio et une extrême finesse de l'adaptation, signée Thierry Fortineau, du premier roman publié par Romain Gary en tant qu'Emile Ajar en 1974. Sous le regard avisé de Bérangère Bonvoisin, il nous balade dans cette fable délicieusement digressive, aussi profonde qu'absurde, hilarante, fantastique, émouvante, ou encore gentiment polissonne, traitant de la solitude d'un homme vivant avec un python, de son besoin d'aimer, d'exister aux yeux des autres, de trouver sa place. Du grand théâtre qui nous ramène à nos propres interrogations sans oublier de nous faire passer un moment exquis.

critique gros câlin théâtre de l'oeuvre jean-quentin châtelain

"Gros-Câlin", c'est le nom choisi par Monsieur Cousin pour le serpent qu'il vient d'adopter. Monsieur Cousin vit seul, dans son petit deux pièces parisien, avec ce reptile de deux mètres vingt dont il apprécie plus que tout le contact physique, le laissant régulièrement l'enlacer.  Monsieur Cousin rêve d'épouser Mademoiselle Dreyfus, une collègue de bureau qui ne lui prête aucune attention. Va régulièrement aux "bonnes putes". A mesure que le temps passe, Monsieur Cousin opère une mue, une métamorphose qui le fait chaque jour ressembler un peu plus à son animal de compagnie. Marginalisé, isolé, ignoré...

Sur le plateau paraissant aménagé en vivarium pour acteur par Arnaud de Ségonzac (amusant !), Jean-Quentin Châtelain dévoile un Cousin songeur, aérien, chargé d'un mal-être bouleversant qui transpire de répliques pourtant on ne peut plus drolatiques. Pénètre son âme en douceur. Révèle tendresse et détresse d'un  personnage complexe. Irrésistible, la séquence durant laquelle il narre le voyage de Gros-Câlin dans les canalisations de son immeuble, atterrissant dans les toilettes des voisins, et plus précisément dans l'intimité de la voisine. Mais bouleversant son regard de fin, après avoir prononcé cette phrase ultime : "Dans une grande ville comme Paris, on ne risque pas de manquer".

A nous, Jean-Quentin Châtelain manquait déjà terriblement, à peine sortis du théâtre...

Tous à l'Oeuvre !

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Photo : Dunnara Meas

 

20/11/2013

Les mots et les maux de Maupassant dans une compile soignée...

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Après "L'Importance d'Etre Wilde", plaisante évocation de la vie et de l'oeuvre du dramaturge britannique, la Compagnie Philippe Person s'attaque sur le même mode à Guy de Maupassant, proposant un habile assemblage de textes du père de "Bel Ami", essentiellement des nouvelles,  traitant des relations hommes-femmes. Un sujet qui inspira généreusement celui qui n'entretint avec le beau sexe que des rapports légers, désengagés, gourmands, libertins, et mourut fou, de la syphilis, à l'âge de 43 ans. Une fin de vie qui l'isola du monde et lui fit produire des écrits plus sombres. La représentation se veut le reflet de tout cela.

Comme pour le "Wilde", Philippe Honoré a composé une partition à trois voix, destinée aux fidèles Anne Priol, Emmanuel Barrouyer et Pascal Thoreau. Trois interprètes appliqués, tour à tour drôles ou intenses, que nous sommes ravis de retrouver ici,  au fil de séquences sobrement théâtralisées et dynamiques. Une ou deux fois maladroites cependant. Pas très heureux, par exemple, ce "slam-rap" braillé et vaguement dansé sur du hard rock dans lequel on sent les acteurs mal à l'aise... Mais enfin dans l'ensemble Maupassant se voit élégamment et adroitement servi dans un spectacle donnant à entendre sa plume brillante, accessible, vivante, et dévoilant son âme... 

Le directeur du Lucernaire signe là un travail de qualité, épuré, appuyé par des éclairages de toute beauté que l'on doit à Alexandre Dujardin. Un travail qui devrait aisément rencontrer son public. Qu'il s'agisse des amoureux de la littérature française, dont nous faisons partie, ou des plus jeunes qui trouveront en ces "Maupassant(es)" une excellente introduction à l'auteur du XIXème et  devraient prendre, dans la foulée, la direction de la bibliothèque de leurs parents afin de s'en délecter plus largement.

Pourquoi pas.

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critique maudissantes lucernaire philippe person

Photo : DR