24.12.2009
A Marigny, Edouard Baer ne convainc pas

Dans la lignée de ses précédents spectacles, l'acteur-humoriste Edouard Baer propose, entouré d'une dizaine de comédiens et non des moindres (Philippe Duquesne, Atmen Kélif, Léa Drucker entre autres), "Miam Miam", énorme objet théâtral non identifié qui aurait pourtant bien besoin de l'être tant cela part dans tous les sens, sans génie ni véritable brio.
N'est pas dramaturge qui veut, et clairement, Baer ne l'est pas. Son script est totalement dépourvu d'une histoire forte ou de dialogues qui font mouche. L'argument, dont on se moque puisqu'il n'est ici que prétexte à jouer, à cabotiner, tient en une ligne : Alors qu'ils font un four avec leur spectacle, des comédiens décident de sous-louer le théâtre dans lequel ils jouent et se voient contraints de le transformer en restaurant. l'auteur s'est contenté d'accueillir dans son habituel délire improvisé, légèrement teinté d'absurde, des comédiens (excellents par ailleurs) qui viennent faire leur numéro. Chansons, sketches, marionnettes (superbes !), ce petit cabaret trop bancal peine à séduire.
Le travail est honnête, c'est sympathique dix minutes, on sourit parfois, on s'en délecterait presque si on y assistait derrière notre poste de télévision, mais deux heures durant (que c'est long !), ayant payé notre place au prix fort, on finit par s'ennuyer ferme... C'est terriblement paresseux.
Emprisonné dans ce personnage de trublion bobo baratineur, Edouard Baer ne parvient pas à dépasser le stade de l'anecdotique et c'est dommage, car encadré par de véritables auteurs dramatiques, il aurait très probablement des choses à raconter.
Miam Miam ? Non merci, j'ai déjà dîné...
Ci-dessous le reportage consacré au spectacle par France 3 :
Découvrez "Miam Miam" d'Edouard Baer au Théâtre Marigny sur Culturebox !
18:08 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : miam miam, edouard baer, théâtre marigny
15.12.2009
Eric Antoine finit l'année en beauté au Palace

L'humoriste-magicien profite des soirs de relâche de Florence Foresti pour proposer les dernières représentations parisiennes de son spectacle, "Réalité ou Illusion", dans la mythique salle parisienne.
Vif, drôle, intelligent, piquant, moderne, parfois potache mais jamais lourd ni vulgaire, Eric Antoine, accompagné de son assistant dont la prestation est à hurler de rire, dépoussière la magie avec un plaisir non feint dans ce spectacle donné à 200 à l'heure, mêlant habilement Stand-Up et Close-Up pour le plus grand bonheur des spectateurs qui viennent en nombre chaque lundi. C'est techniquement irréprochable, et si le texte est parfois un peu brouillon, il a le mérite d'être efficace et de bonne tenue. C'est léger, ça pétille comme du champagne et c'est un très bon spectacle à voir en ces temps de fêtes. En famille ou pas, chacun y trouvera son compte. A tous ceux qui ont fuit la magie à cause du kitschissime Dani Lary ou du planplan Gérard Majax, Eric Antoine redonnera le goût pour cet art ancestral fort plaisant à applaudir.
Deux petites réserves. Le personnage, déjà barré, pourrait l'être encore davantage. Gageons que ce sera le cas dans le prochain spectacle qui est en cours d'écriture. Et la salle du Palace se révèle vraiment trop grande pour ce genre de show. Le placement étant libre, je vous suggère d'arriver un peu en avance afin de vous retrouver dans les premiers rangs et profiter au mieux des tours de magie.
Allez-y.
Ci-dessous un extrait du spectacle :
15:29 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : eric antoine, le palace
09.12.2009
Renucci sait se faire Désiré...

Première, hier soir à la Michodière, de la pièce de Guitry, avec Robin Renucci dans le rôle titre et Marianne Basler pour lui donner la réplique.
Une jolie distribution pour un spectacle un peu frais pour le moment.
Plus jeune jeune que Belmondo lorsqu'il l'a interprété pour le cinéma, plus gouailleur que Brialy (qui l'avait donné dans les années 80), Renucci a su s'approprier sans difficulté et avec un plaisir non feint ce personnage de valet, séducteur malgré lui, tombant amoureux de ses patronnes. Il est charmant et techniquement parfait. A ses côtés, Marianne Basler est juste mais encore un peu timide dans le rôle de la "poule" maîtresse de maison. Nathalie Krebs devrait emporter l'adhésion et l'hilarité du public d'ici peu grâce à son rôle de sourde qu'elle compose avec brio. La scène du dîner, qui manque pour l'instant d'ampleur et de précision, sera sans nul doute bientôt un moment d'anthologie théâtrale. Alycia est une cuisinière truculente, Marion Posta, à la froide beauté, est une femme de chambre impeccable. Jean-Philippe Puymartin compose un ministre au caractère un peu fade auquel il faudrait vite redonner des couleurs. Enfin Jean-Christophe Barc se révèle convaincant en homme d'affaires popu .
Dans un décor charmant,tout ce petit monde, mis en scène par Serge Lipszyc, nous donne à voir, à un rythme endiablé qui frôle parfois l'excès de vitesse, un spectacle charmant qui, pour l'instant, manque quelque peu d'éclat, de plaisir des mots, de jouissance des situations, et de brio. Les éclairages sont par ailleurs surprenants (sans doute encore en cours de réglage car cela fait beaucoup le "yoyo" entre plein feu et lumière tamisée sans véritable raison...). Mais gageons que ces défauts disparaîtront rapidement, une fois les premières représentations données, et d'ici huit jours, vous devriez pouvoir découvrir ou redécouvrir l'oeuvre de Guitry dans une version plus qu'honorable. Ne serait-ce que pour Robin Renucci.
Allez-y.
10:29 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : robin renucci, marianne basler, désiré, sacha guitry, théâtre de la michodière, critiques désiré, nathalie krebs, jean-philippe puymartin, jean-christophe barc
29.11.2009
Gallotta, chorégraphe des années 80...

Jean-Claude Gallotta présente au Rond-Point sa dernière création, "L'Homme A Tête De Chou", chorégraphiée sur l'oeuvre de Serge Gainsbourg, réenregistrée l'année passée par Alain Bashung.
Que dire ?
D'abord que je n'y connais pas grand-chose en matière de danse contemporaine, et qu'il faudra donc prendre ce billet pour ce qu'il vaut, c'est à dire pour l'avis d'un novice...
Ensuite, que dans "Danse Contemporaine", il y a contemporaine... Et qu'ici, on se demande un peu de quelle époque ce ballet est contemporain... On sent on effet le chorégraphe bloqué en 1985, à l'image d'un Béjart moderne dans les années 70. Tous les mouvements semblent déjà vus, limite ringards, toutes les "provocations" aussi. En 2009, le nu sur scène, surtout lorsqu'il n'est que moyennement assumé (12 secondes et on le cache au plus vite...), ne choque plus personne, et d'aucuns sont allés beaucoup plus loin. Enfin, le travail du chorégraphe, s'il ne tient pas de l'expérimental incompréhensible, n'est pas spécialement grand public. Il hésite entre mouvements sophistiqués, humour,gestes du quotidien... Tout cela paraît confus.
Au final, malgré une distribution dotée d'une très belle énergie, cela ne m'a ni touché, ni choqué, ni ému. Je me suis ennuyé. Le spectacle n'a duré qu'une heure et quart et j'ai clairement eu la sensation d'être resté deux heures sur mon fauteuil...
Dommage.
11:49 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.11.2009
La Petite Catherine De Heilbronn de retour à l'Odéon

Reprise, à partir de la semaine prochaine et 18 mois après sa création, aux Ateliers Berthier, de "La Petite Catherine de Heilbronn" d'Heinrich Von Kleist, mis en scène par André Engel qui avait également mis en scène au même endroit "Le Roi Lear" avec Piccoli il y a quelques années.
Ce spectacle de qualité avait à l'époque croulé sous les éloges des journalistes. J'avais de mon côté émis quelques réserves.
Outre que ce genre de théâtre me paraît assez froid (On assiste à cette épopée de façon très détachée, et l'on n'est jamais vraiment emporté par quelque sentiment que ce soit), la distribution est assez inégale. Si Marie-Julie Parmentier (photo), la petite Catherine, est absolument délicieuse, extrêment juste dans une touchante fragilité, Jérôme Kircher, lui, est bourré de tics et de "trucs" de comédien, et Jean-Claude Jay (que vous aviez pu voir dans "Une Liaison Pornographique" aux côtés de Judith Magre) est toujours aussi mauvais... Les autres comédiens paraissent aussi détachés de leur personnage que le spectateur de l'histoire. C'est dommage.
Reste un spectacle esthétiquement impeccable. L'imposante scénographie est superbe, la création musicale très réussie et les éclairages de toute beauté (même s'il faut avoir de bons yeux durant toute la première partie...).
Bref, du papier glacé haut de gamme.
Mais le papier glacé ne m'a jamais ému...

09:32 Publié dans Actu, Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la petite catherine de heilbronn, théâtre de l'odéon
18.11.2009
En Piste, Alexis Gruss passe la main...

Le Cirque National Alexis Gruss propose depuis quelques semaines aux portes de Paris son nouveau spectacle intitulé "Pampa".
Chez les Gruss, on ne donne pas dans la surdose de collants moulants pailletés ni dans les superlatifs du genre "Incroyable ! Unique au monde ! Encore plus fort ! Sous vos yeux ébahis!". Chez les Gruss, qui présentent depuis 36 ans ce qui se fait de mieux en matière de cirque à l'ancienne, ce qui compte avant tout, c'est le travail, la rigueur, et une bonne dose d'humilité.
Sobriété et distinction sont donc au programme de ce spectacle aux couleurs et aux sons de l'Argentine mis en piste avec élégance par Stéfan Gruss.
Accompagnées d'un véritable orchestre, toutes les générations de la dynastie nous présentent, aux côtés de leurs chevaux, poneys, éléphants, dalmatiens ou chèvres, une multitude de numéros traditionnels. Du dressage de chevaux par le maître Alexis, à pleurer tant la perfection est atteinte et l'amour de l'animal transparaît chez cet homme, à des numéros peut-être un peu moins aboutis par les plus jeunes, mais qui travaillent dur (jonglage, agrès...), des clowns assez subtiles, jamais lourds ni graveleux, dont le niveau est très au dessus de ce que l'on peut voir habituellement (saluons parmi eux un jeune "Fratellini" qui perpétue sans démériter la réputation de ses ancêtres), ou encore un bluffant numéro de lassos, sans oublier un incroyable final réunissant Alexis, Stéphan et toute la cavalerie, vous trouverez sous ce chapiteau de quoi rêver durant deux heures.
Alexis Gruss, de moins en moins présent sur la piste, veille avec bienveillance sur cette famille et cette troupe de talent.
Les amateurs du genre ne seront pas déçus.
20:58 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cirque national alexis gruss, cirque gruss, alexis gruss
16.11.2009
Franck Dubosc égal à lui même

Sortie ces jours-ci en dvd du dernier one man show de l'humoriste, sobrement intitulé : "Il Etait Une Fois... Franck Dubosc".
Le séducteur-looser-mythomane-beau parleur-mégalo est de retour dans une spectacle ou l'histoire de sa vie sert de fil rouge à toute une série de délires, élucubrations et sketches sur l'enfance, l'adolescence, les femmes et les débuts de la vie d'artiste. C'est léger, mais écrit avec rigueur, c'est drôle, précis, parfois touchant. Dubosc est sympathique, bienveillant, sait se mettre le public dans la poche sans le regarder de haut, sans s'abaisser à un humour graveleux, le fait participer, et mouille sa chemise non-stop durant les deux heures que dure le show. On se situe ici à la frontière du stand up et des sketches traditionnels.
Si vous avez vu ses deux précédents spectacles, le registre et la mécanique sont les mêmes, vous risquerez peut-être alors de vous lasser rapidement. Sans cela, le dvd est une bonne occasion de découvrir l'artiste sur scène, car "Il Etait Une Fois Franck Dubosc" nous le présente au mieux de sa forme.
J'ai pour ma part passé un moment de divertissement grand public fort plaisant, même si le texte s'oublie aussitôt entendu.
Pourquoi pas.
18:41 Publié dans Critiques, DVD, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : franck dubosc, il était une fois franck dubosc, dvd franck dubosc, camping, disco
09.11.2009
Avec Zorro, Stage Entertainment déçoit...

Vous l'aviez lu sur ce blog, la conférence de presse donnée en juin dernier par le producteur afin d'annoncer l'arrivée prochaine du musical aux Folies Bergère m'avait laissé... Circonspect.
Après avoir assisté ce week-end à l'une des premières représentations, je suis à présent en mesure d'écrire que le résultat est clairement en dessous de l'attente que suscitait le producteur des excellents "Cabaret", "Roi Lion" ou encore "Sister Act" (critiques sur ce blog).
Commençons par signaler que, de toute évidence, le show n'était pas prêt à être présenté au public, tant les artistes paraissent péoccupés par la tâche qu'ils doivent accomplir sur scène, stressés, ne dégageant aucune énergie, qu'elle soit de groupe ou individuelle. Chacun cherche sa place, ses déplacements, les accessoires qu'il doit manipuler... Les cascades (bien réglées) sont pour le moment beaucoup trop appliquées et lentes pour fonctionner. Même le "Z en feu" est mou... Tout cela plombe bien évidemment le rythme, mais un manque de répétitions peut parfois s'expliquer et s'excuser (si le tir est rectifié par la suite),et nous tenterons, ci-dessous, de faire abstraction de ce démarrage précipité et considérerons que nous avons assisté à un filage, plus qu'à une représentation.
Cela étant écrit, il y a de quoi se montrer contrarié par le travail présenté, car si le livret contient des dialogues dignes d'une comédie grand public relativement bien ficelée, et la partition pas totalement dénuée d'intérêt (même s'il y a trop de balades à mon goût), la réalisation et la production s'avèrent moyennes, voire médiocres.
Commençons par la direction d'acteurs. Christopher Renshaw a sans doute rayé de son vocabulaire le mot "subtilité". Il parvient à rendre grotesques les comédiens les meilleurs tant le surjeu de tous est épouvantable, la palme revenant à l'habituellement brillant Yan Duffas (issu, excusez du peu, du Conservatoire National, passé par le Français), suivi d'assez prêt par Georges Beller qui, bien dirigé, peut pourtant être très juste . Contrairement à ce que le metteur en scène a l'air de croire, la comédie populaire demande beaucoup de subtilité pour sonner juste... A ce niveau, il va falloir d'urgence faire quelque-chose.
Passons aux "chorégraphies"... Le travail de Rafael Amargo est à peine digne de la Star Ac et n'a strictement aucun intérêt. C'est pauvre, peu recherché, répétitif, cela ne décolle jamais, les danseurs sont maladroits, peu aidés, il faut bien le dire, par un manque de place évident sur scène. Les passages de Flamenco pur, poussifs, ne tiennent ni du flamenco de "cabaret-paillettes" (qui, assumé comme tel, est très plaisant à regarder) ni du flamenco traditionnel et sincère qui, bien réalisé, vous ferait fondre en larmes de par son intensité. Bref, ce n'est pas bon.
La production, enfin, a clairement cherché à faire des économies du côté des musiciens. J'en ai compté (mais je peux me tromper) sept en incluant un guitariste sur scène... Et cela s'entend ! les programmations ont l'air nombreuses, on frôle parfois l'orgue Bontempi (notamment sur la chanson à boire du Sergent Garcia) et aucun des morceaux (y compris les tubes des Gipsy Kings) ne nous emporte. Une mauvaise balance dans la salle pourrait aussi y être un peu pour quelque-chose.
Ajoutons, pour être complet du côté des critiques, un imposant décor trop lisse, trop propre, et qui réduit considérablement l'espace. Cette palissade géante n'est franchement pas des plus heureuses...
Mais ne soyons pas uniquement négatifs. Certains tableaux et cascades seront, d'ici quelques semaines, redoutablement efficaces, et la magie opérera par instants. On aime l'arrivée des gitans en roulotte, les illusions, les cascades. Les interprètes principaux, Laurent Bàn en tête, incarnent d'agréables surprises. Zorro est convainquant, la voix est belle, le jeu, même s'il doit s'affiner, fonctionne. Sa belle, Lisa Pastor, est charmante, bonne danseuse, possède une excellente énergie (une des rares pour le moment). Garcia,Benoit de Gaulejac, ne démérite pas non plus.
En conclusion, nous dirons clairement que cette production est très nettement en dessous de ce que Stage Entertainment propose habituellement (on s'approche dangeureusement des "Rois Soleils" et autres "Opéras Rocks", le mauvais goût en moins...) mais qu'avec un peu de temps ainsi qu'un virage habilement négocié (renfort de musiciens, ajustements dans la direction d'acteurs), ce spectacle aura peut-être une chance de tenir jusqu'en juin.
Z'est Toujours pas gagné...
Ci-dessous un reportage de France 3 sur le spectacle et ses coulisses, trouvé sur la Culture Box (lien ci-contre) :
15:04 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : zorro le musical, laurent ban, stage entertainment france, folies bergère, le roi lion, cabaret
04.11.2009
Des enfants qui doivent grandir...

Reprise au Théâtre 13 ces jours-ci, après sa création au TOP l'année dernière, du chef d'oeuvre de Gorki, "Les Enfants du Soleil", par la jeune troupe du "Théâtre du Fracas" emmenée par son metteur en scène Côme de Bellescize.
On ne veut pas avoir la dent trop dure avec les artistes qui se lancent, mais le "spectateur-chroniqueur-blogueur" que je suis se doit aussi d'être honnête envers ses lecteurs... Et en toute honnêteté, ce spectacle tient davantage de l'exercice d'élèves que d'une véritable production théâtrale. Hétérogène, brouillon et confus sont les premiers mots qui me viennent.
La distribution est pour le moins inégale, certains personnages tiennent du boulevard quand d'autres jouent avec un réalisme et un minimalisme contrastant violemment. La mise en scène, fouillie, ne permet pas une lecture très claire de la pièce et l'action, vaguement transposée de nos jours, ne rend pas le propos plus fort. Une scénographie inutilement compliquée, obligeant les comédiens à changer les décors, et qui, cela n'aide pas, manque cruellement de moyens, une utilisation peu réussie de la vidéo, des ombres chinoises qui prêtent à rire (sans que cela soit voulu) et une esthétique qui m'a laissé... sceptique ont fini de me rendre totalement dubitatif quant à la réussite de cette entreprise...
Tout cela est un peu jeune.
Restent quelques fortes personnalités à découvrir ainsi que le texte de Gorki (à redécouvrir, lui...).
10:32 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : les enfants du soleil, maxime gorki, côme de bellescize, théâtre 13
01.11.2009
Muriel Robin sauve avec brio des Diablogues terriblement désuets

Muriel Robin et Annie Grégorio reprennent les textes de Roland Dubillard dans une mise en scène de Jean-Michel Ribes, au théâtre Marigny jusqu'au 31 décembre .
Eculés (mainte fois joués, rabâchés, et souvent massacrés par les comédiens amateurs depuis leur publication en 1975), désuets, nettement moins brillants que les oeuvres de Devos ou Obaldia dans les registres de l'absurde et du jeu de mot, ces petits sketches gentillets (au mieux) ne sont pas forcément, selon moi, la matière première idéale pour ces deux excellentes comédiennes. Ajoutons qu'une sélection plus drastique n'aurait pas nui, tant certains textes se révèlent sans grand intérêt, et que leur enchaînement s'avère parfois indigeste...
Il faut le talent, l'abattage, et la technique du one man show que Muriel Robin possède à merveille pour sauver ce qui peut l'être dans cette petite heure et demie de spectacle (1h20 mais il n'en faudrait vraiment pas plus...). Son efficacité, sa drôlerie, le plaisir évident qu'elle prend à faire rire la salle, son ton si particulier, ses mimiques, nous rendent, souvent, le spectacle fort amusant. La comédienne est lumineuse, bien dirigée par Jean-Michel Ribes, heureuse d'être là, et nous heureux de l'applaudir. La séquence d'ouverture ("La Tragédienne"), "Le Plongeon", "Le Langage", "La Partie de Ping-Pong" "La Musique De Placard" ou encore "Le Gobedouille" ne tiennent que grâce à elle. Elle ne peut en revanche pas grand-chose pour les autres textes. A ses côtés, Annie Grégorio, que l'on aime beaucoup, paraît bien terne et s'efface trop derrière celle qui a l'habitude d'être seule en scène. C'est bien dommage.
Reste un spectacle proprement mis en scène, sauvé par La Robin (à qui l'on conseillerait vivement de se chercher une grande comédie ou un bon boulevard à l'image de ceux écrits à l'époque pour Maillan), assez plaisant à l'heure de l'apéro.
En toute honnêteté, j'y allais à reculons, j'en suis sorti plutôt content.
Pour Robin.
Ci-dessous un reportage consacré au spectacle par France 3 que vous pouvez retrouver sur l'excellente Culture Box (lien ci-contre) :
Découvrez Les Diablogues de Dubillard par Muriel Robin et Anne Grégorio sur Culturebox !
17:22 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : les diablogues, muriel robin, annie grégorio, jean-michel ribes, roland dubillard, théâtre marigny


