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20/12/2013

La fantaisie à bout de souffle d'Alfredo Arias...

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Avec toute le respect, l'admiration que l'on a pour le travail de ce talentueux artiste qui enchanta, à de nombreuses reprises, les salles parisiennes depuis le début des années 70, force est de constater que son inspiration peine de plus en plus à se régénérer. Ainsi présente-t-il une poussive farce musicale argentino-gay intitulée "El Tigre", clin d'oeil aux femmes fatales et au septième art d'autrefois, où des travestis croisent des fées, Lana Turner, Vampira, et rejouent Mars Attacks (pour la faire courte). Nous aimerions, sinon nous enthousiasmer, du moins poser un regard bienveillant sur ce qui nous est proposé, mais les dialogues se révèlent d'une platitude extrême, l'humour sacrément faiblard, les chansons bâclées, la musique de Bruno Coulais anecdotique, l'interprétation bruyante, peu harmonieuse (ça braille, ça bêle)... Cela ne dure qu'une heure quarante, et pourtant c'est interminable. 

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Sur le beaucoup trop grand plateau de la salle Renaud-Barrault, six comédiens mal dirigés se démènent pour occuper l'espace. L'irrésistible Denis D'Arcangelo est seul responsable des quelques sourires que nous esquissâmes au cours de la soirée. Il faut dire qu'il maîtrise et assume à merveille les rôles à talons. Quant à Arielle Dombasle, qui a visiblement oublié de manger depuis 1998, elle n'est définitivement pas comédienne. Absolument pas à l'aise en fantôme de Lana Turner, elle minaude, cherche une sincérité qui ne vient pas, et laisse transparaître les limites d'une voix certes plus plaisante que celle de ses partenaires mais terriblement fabriquée, à la justesse fragile, manquant de puissance... Le reste du cast avance comme il peut avec la matière qu'on lui donne, c'est à dire pas grand-chose. Notons toutefois la compositions transgenre haute en couleurs et d'une jolie précision de Carlos Casella ainsi que l'efficacité certaine d'Alexie Ribes dans l'hystérie.

On ne devrait donc pas se tromper en affirmant que le déplacement au Rond-Point s'avère dispensable en cette fin d'année (à moins d'aller voir "Perplexe" avec Valérie Bonneton). Les "Holala" récurrents murmurés durant la représentation par notre voisin de droite et les ronflements de celui de gauche nous poussent à croire que nous sommes dans le vrai...

Jusqu'au 12 janvier.

El Tigre par WebTV_du_Rond-Point


Photos : Alejandra Lopez

18:42 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

19/12/2013

"Percossa" percute avec virtuosité, humour et poésie...

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Moins show off et plus authentiques que "Stomp", leader mondial du genre évoluant désormais dans le divertissement industriel, ces quatre néerlandais tapotant sur tout ce qu'ils trouvent (mais surtout des instruments) se produisent jusqu'à la fin des vacances scolaires au Café de la Danse avec un spectacle musical assez euphorisant, ultra efficace, concis, nerveux, varié, amusant, et poétique. Rien que nous n'ayons jamais vu, mais de quoi faire passer un agréable moment à l'ensemble de la famille, de Tata Claudette montée à la capitale pour réveillonner, aux plus jeunes qu'on ne sait toujours comment occuper... Pratique et plaisant. Que demander de plus ?

critique percossa

Plateau plongé dans le noir, le quatuor apparait flottant dans les airs au cours de flashs de lumière subliminaux. Instants saisissants qui, le show à peine démarré, subjuguent déjà l'auditoire. S'ensuit une série de tableaux mettant en scène quantité d'instruments à percussion, des plus anciens et primitifs (dont nous confesserons ici ignorer la plupart des noms, même s'il nous arriva de les croiser...) aux batteries chromées de 2013. Sans oublier le corps humain, premier d'entre tous. Ainsi, bouches, cuisses, torses, claquettes, sable, sabots, tuyaux, tambours de toutes sortes et d'origines diverses, claves, maracas, xylophones (on en oublie !) seront mis à contribution.

critique percossa

Simples, ludiques, enjouées, plutôt inspirées dans l'humour et la poésie qu'elles véhiculent (l'un et l'autre subtilement dosés), réglées au millimètre, les séquences défilent à la vitesse grand V. La niaque des musiciens, leur générosité, l'excellence de leur interprétation nous transportent au final dans une transe  mélodieuse, jamais assourdissante ou lassante, au sein de laquelle on se sent formidablement bien. 

Bref, ça joue, ça dépote, ça épate, ça distrait.

C'est même presque un peu court...

Alors pourquoi pas.

Réservez vos places en cliquant ci-contre :  commander_100x30_02.gif

17:19 Publié dans Critiques, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : critique percossa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

18/12/2013

Un trio clownesque drolatique, trash et bien barré...

critique marilyn était chauve théâtre de belleville

Le moins que l'on puisse dire, et ici écrire, c'est qu'ils n'ont peur de rien, les membres de la Compagnie Octavio...

Au cours d'un délirant spectacle de music hall enchaînant des tableaux tous plus surréalistes les uns que les autres, burlesques à souhait, parfois d'un mauvais goût divin merveilleusement assumé, Sophie Cusset, Marc Prin et Gilles Ostrowsky campent trois clowns modernes, trois branquignols fantasques, un brin portés sur la chose, n'ayant pas la langue dans leur poche, malmenant l'assistance sans aucun scrupule. Une folie et une irrévérence jouissives qui emportèrent l'adhésion du public l'an passé au Théâtre de Belleville. Voilà pourquoi "Marilyn était Chauve" nous revient dans la même salle jusqu'au 20 janvier.

critique marilyn était chauve théâtre de belleville

Scène de tous les possibles, ce cabaret de bric et de broc présente ainsi un ours en peluche géant faisant tourner, sur son podium, une diva disco au rythme intermittent du juke box dans lequel tous deux paraissent enfermés. Une désopilante séance de marionnettes humaines revisitant dans leur castelet, pour un public averti, le conte de Barbe Bleue (impayable, cette princesse suçotant frénétiquement l'extrémité de sa baguette magique....). Les conseils beauté d'une vamp terrifiante distillés à une octogénaire en manque de sexe. Un monstre marin non identifié surgissant du fond de la baignoire pour dévorer le baigneur. Une séance d'effeuillage intégral par perçage de ballons (suivie d'une balade en salle). Une autre d'entartage collégial...

critique marilyn était chauve théâtre de belleville

Alors bien-sûr, nombre de numéros gagneraient à être développés, s'arrêtant trop souvent au stade du canevas amélioré. Le spectacle comporte de-ci de-là quelques faiblesses. Mais les trouvailles se révèlent excellentes, originales, surprenantes, et la joyeuse anarchie, l'extravagance régnant sur le plateau, le quasi "no limit" que s'autorisent nos trois olibrius, à l'énergie incroyable, ne peuvent que nous conduire à vous suggérer de prendre la direction de ce petit théâtre du onzième arrondissement. Car nous le garantissons : le rire sera au rendez-vous.

N'hésitez pas. 


Photos : DR

17/12/2013

Délectable mais frustrant, l'absurde de Sébastien Thiéry...

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Au Poche Montparnasse, accompagné de Bruno Solo, sous la direction de Jean-Louis Benoit, le prolifique Sébastien Thiéry, qui fait le bonheur des directeurs de théâtres publics comme privés, propose une sélection de ses premiers écrits, saynètes issues de "Sans Ascenseur" et "Dieu Habite Dusseldorf", créés il y a une dizaine d'années dans la capitale. Soit une sympathique succession de dialogues totalement absurdes, empreints d'une certaine noirceur, donnés par des personnages bordelines et drolatiques, même si l'absence d'un véritable propos, ici comme dans les comédies plus longues du dramaturge, laisse souvent le public sur sa faim... 

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Par crainte de gâcher votre plaisir de spectateur, nous ne nous étendrons pas sur les situations ou sujets de conversation improbables des protagonistes, qui tentent en vain de briser une solitude visiblement pesante. Evoquons toutefois cet homme ayant empaillé son père (encore en vie !), lui redonnant la parole grâce à des enregistrements sur bandes. Un autre qui ne s'adresse plus aux femmes. Un troisième, encore, en couple avec une chouette. Un quatrième, enfin, qui vient de prendre Jacques Weber pour Dieu (ou inversement)...

Rien à redire sur le jeu de cet impeccable duo à la complicité palpable, s'amusant à cultiver une inquiétante étrangeté, croyant à l'incroyable, nous le faisant admettre sans difficulté. Sébastien Thiéry habite irrésistiblement ses textes, tout comme son partenaire que nous sommes heureux de retrouver sur les planches. Car à chaque rôle l'acteur, en progrès permanent, gagne un peu plus ses galons de comédien de théâtre. 

Reste que si les pièces de Thiéry ressemblent parfois à des sketches étirés et sans chute, ces petits dialogues, mis bout à bout, souffrent étonnamment de tares similaires. Et nos réserves, émises en introduction, n'aident pas davantage à les rendre inoubliables...

Mais enfin c'est plaisant. Et parfois culotté.

Alors pourquoi pas.

"Tilt", jusqu'au 1er mars 2014.

Réservez vos places en cliquant ci-contre :  commander_100x30_02.gif


Photo : Brigitte Enguérand