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08/11/2013

Le meilleur des rois du boulevard chez Omnibus !

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Ceux qui, comme nous, aiment le théâtre dans sa diversité, du plus intellectuel au plus divertissant (pourvu qu'il soit de qualité), se devront d'offrir à leur bibliothèque le réjouissant pavé de plus de 1200 pages, sorti la semaine dernière, regroupant les comédies "incontournables" de Barillet et Grédy. Un duo prolifique auquel les spectateurs de l'après guerre aux années 70 durent leurs sorties les plus enjouées, Sophie Desmarets et Jacqueline Maillan  leurs plus grands succès, et les jeunes téléspectateurs que nous fûmes (quelque part au début des années 80...) leurs premières émotions théâtrales. 

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Du "Don d'Adèle" à "Lily et Lily", en passant par "Fleur de Cactus" ou "Potiche", ces petits bijoux de légèreté impeccablement construits, rivalisant parfois avec les meilleurs Feydeau, aux sujets (relativement) indémodables et universels, croquant avec malice et intelligence les travers d'une époque en particulier et du genre humain en général, aux répliques et situations truculentes, n'eurent d'autre prétention que celle de nous faire rire. Parvinrent formidablement à leurs fins. On ne saurait d'ailleurs que trop suggérer leur lecture à ceux qui tentent en vain, ces temps-ci, de prendre la relève.

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En parcourant l'épais recueil vous saurez tout, grâce à Olivier Barrot et Jacques Pessis, du contexte de création de chacune des pièces. Distributions, nombre de représentations, carrières internationales, anecdotes... Soit une plongée au coeur d'une période où les succès tenaient l'affiche plusieurs saisons avant de partir en tournée, et durant laquelle les vedettes ne rechignaient pas à signer "pour la durée des représentations"...

Un complément idéal aux nombreuses captations disponibles en dvd.

A mettre sous le sapin le 24 décembre.

Aux éditions Omnibus. 31€

Photos : DR / AFP / Association Régie Théâtrale

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27/12/2012

La réalité sans fard du métier de directeur de théâtre...

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Tombés sur l'ouvrage il y a plusieurs semaines à la librairie du Rond-Point, nous nous étions empressés de "twitter" l'intérêt certain de sa lecture et l'idée pertinente de l'inscrire sur sa liste de cadeaux de Noël au vu, d'une part, du ton assez surprenant, rare (unique ?), des quelques pages brièvement parcourues et, d'autre part, de la qualité des photos  publiées. Après avoir dévoré d'une traite ce superbe pavé trouvé, ô surprise, au pied du sapin le 25 décembre, on ne peut que confirmer. C'est passionnant. 

Dans "Grandes et Petites Histoires d'un Théâtre Parisien", Frédéric Franck narre en effet sans langue de bois, et dans les moindres détails, une décennie de direction du Théâtre de la Madeleine qui furent, vous vous en doutez, tout sauf une sinécure... Du rachat de l'établissement avec son associé (au couple Valère-Desailly) en 2002, à sa dernière production, seul maître à bord en 2012, avant qu'il ne cède la place à Jean-Claude Camus. Vie quotidienne de l'entreprise, naissance des projets, recherche des équipes artistiques, des financements... Succès, mais aussi échecs, pleinement assumés, dont il faut se remettre, négociations financières, complicités et trahisons professionnelles, gestion épouvantablement complexe des acteurs et de leur ego parfois surdimensionné (quand ils ne sont pas totalement hystériques), courriers insolites et cocasses des spectateurs...  Tout est ici révélé au lecteur, noms documents et chiffres à l'appui, avec une incroyable transparence et une franchise qui ne l'est pas moins. 

Mais qu'on ne s'y trompe pas, l'objet n'est pas plus un lavage de linge sale en famille exposé aux yeux de tous qu'une ode à la Madeleine ou une auto-célébration de celui qui fut à sa tête dix ans durant. Non. Sans jamais se donner le beau rôle, avec humilité, esprit (critique), humour et distance, l'auteur tente ici d'offrir, si ce n'est un mode d'emploi ou un guide à destination des quelques fêlés férus de théâtre désireux de s'aventurer dans cette voie, tout au moins un éclairage édifiant sur une profession méconnue du grand public pouvant se révéler captivante.

La preuve, à peine avait-il quitté la Madeleine que Frédéric Franck s'offrit le Théâtre de l'Oeuvre où il vient d'attaquer une bien jolie saison ! 

A lire absolument.

Edité à 500 exemplaires seulement par Le Publieur. 52€. Disponible ici

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19/07/2012

La belle évocation de la chanteuse Fréhel...

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Gageons que Myriam Boyer a su s'emparer avec brio de ce texte poignant signé Emmanuel Robert-Espalieu que nous avons eu le plaisir de lire, à défaut d'assister à l'une de ses représentations données actuellement au Chêne Noir d'Avignon. Parisiens que nous sommes, il nous faudra en effet attendre janvier 2013 pour découvrir, au Petit Montparnasse, l'actrice  dans le rôle de la chanteuse réaliste Fréhel.

Celle qui connut gloire et déboires dans la première moitié du XXème siècle nous est présentée ici au terme de son existence, délaissée par un public l'ayant totalement oubliée, démunie, alcoolique, accro à la cocaïne, vivant recluse dans une chambre payée grâce à quelques galas de charité organisés à son attention.  Les souvenirs et les vapeurs d'alcool la font converser dans un onirisme sous substances avec Maurice Chevalier, aux côtés duquel elle vécut une brève histoire d'amour dont elle ne se remit jamais, attendant que ce dernier, qui la quitta pour Mistinguette, l'emmène enfin sur la Riviera, comme il le lui avait promis un jour. D'autres séquences, davantage ancrées dans la réalité, mettent en scène la star déchue recevant les visites d'une jeune chanteuse qui l'admire et souhaite prendre conseil auprès d'elle pour sa future carrière.

Ainsi l'auteur, en dressant le portrait intense d'une artiste haute en couleurs  dont le nom n'évoque malheureusement plus grand chose aujourd'hui à nombre d'entre nous, traite t-il également dans son oeuvre de l'Amour avec un grand A, des bonheurs et douleurs dont il est cause, et de la cruauté du monde du spectacle, qui vous adule aussi vite qu'il vous rejette, vous sublime et vous détruit.

Personnages forts, soigneusement dessinés. Evocation élégante et vivante d'une époque et d'un courant artistique dont on pourrait avoir la nostalgie. Dialogues fluides, enlevés, souvent touchants, efficaces toujours. Séquences habilement agencées. Voici une bien belle partition, intitulée "Riviera", mise à la disposition de trois comédiens et d'un metteur en scène. A découvrir dans le numéro du premier juin de L'Avant-Scène Théâtre.

Une excellente lecture d'été !

14/04/2011

Le dico du théâtre pas très académique de Philippe Torreton...

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Publié il y a deux ans, ce "Petit Lexique Amoureux Du Théâtre" ressort ce mois-ci en poche et trouvera sans aucun doute sa place dans la bibliothèque de chacun d'entre nous.

L'ancien pensionnaire du Français nous livre ici dans un style simple mais fort plaisant, avec beaucoup d'humour et d'autodérision, ses définitions du vocabulaire des théâtreux. De l'"allemande", du "cabotin", de la cour et du jardin ou encore du fameux "merde", vous n'ignorerez plus rien, sans oublier des expressions comme "faire la salle", ou "en faire des caisses". D'autres définitions volontairement plus subjectives ou approximatives, n'en sont qu'encore plus savoureuses. Car au delà du simple lexique, cet ouvrage constitue véritablement un témoignage sur le métier de comédien doublé d'une déclaration d'amour à cet art. Une réflexion enfin sur la culture et la place des artistes dans notre pays se révèle fort intéressante.

L'ensemble est drôle,passionné, passionnant, énervé quelquefois, énervant également. Car si l'on partage bien souvent le point de vue de l'artiste sur l'action culturelle des politiques en général et du ministère de la culture en particulier, de grandes envolées antisarkosistes réellement dispensables tendent à déservir un propos pourtant intelligent. C'est dommage.

Reste un bouquin franchement délectable. J'en veux pour preuve les deux définitions suivantes...

M comme Molière :

Auteur français en forme de statuette qui  fait un bide une fois par an à la télévision mais qui triomphe depuis plus de trois siècles sur les scènes de théâtre de France et de Navarre même dans les pires productions.

M comme "Merde" :

Petit mot bien utile pour pallier une habitude superstitieuse nous empêchant de nous souhaiter bonne chance, ça porte malheur. Donc, nous nous hurlons merde, nous nous susurrons merde, nous nous écrivons des merdes accrochés à des bouquets, nous claquons des merdes de paume à paume, de regard fébrile à regard tendu... Pourquoi ce mot, me demanderez-vous, plutôt que "zut" par exemple : "Allez, un gros zut pour ta première" ? Eh bien parce que les chevaux ne faisaient pas des tas de zut sur les pavés lorsqu'ils déféquaient du temps où ils n'étaient pas coincés sous les capots de nos voitures. Devant les théâtres, le nombre de crottins écrasés par terre prouvaient que ceux-ci étaient fréquentés, donc que les spectacles qui s'y jouaient avient du succès. Les acteurs espéraient beaucoup de merde devant leur théâtre... Aujourd'hui la logique voudrait que l'on se souhaite un bon taux de CO2 dans le quartier, ou un gros tas de Vélib...

 Le Livre de Poche. 6,50 euros